Figure respectée du sport haïtien, Guy Dumesle, ancien arbitre international FIFA et ancien membre du Comité olympique haïtien (COH), a adressé, le 24 juin, une lettre au président de la FIFA, Gianni Infantino, pour exprimer ses préoccupations concernant l’état actuel de l’arbitrage dans le football mondial.
Fort de plusieurs décennies d’expérience sur les terrains et dans la formation des arbitres, l’ancien officiel haïtien appelle l’instance dirigeante du football mondial à engager une réflexion en profondeur afin de restaurer la confiance du public, des joueurs, des entraîneurs et des dirigeants envers le corps arbitral.
Dans sa correspondance, Guy Dumesle rappelle qu’en 2001, il avait déjà soumis à la FIFA une proposition visant à sanctionner les joueurs qui retiraient leur maillot après avoir inscrit un but. Trois ans plus tard, cette recommandation avait été intégrée aux Lois du Jeu, avec l’obligation d’adresser un carton jaune à tout joueur contrevenant à cette disposition.
L’ancien arbitre revient également sur son propre parcours, marqué par de nombreuses rencontres nationales et internationales, notamment dans le cadre des qualifications pour la Coupe du Monde et des compétitions de la CONCACAF. Il évoque aussi son implication dans la formation des arbitres en Haïti, ainsi que sa contribution à l’élaboration des statuts de la Fédération haïtienne de football (FHF).
Guy Dumesle souligne par ailleurs avoir obtenu la qualification d’instructeur d’arbitres lors d’une formation organisée conjointement par la FIFA et la CONCACAF au Canada, une expérience qui renforce, selon lui, la légitimité de son intervention.
Au cœur de sa lettre, l’ancien arbitre déplore la multiplication des décisions contestées sur les terrains. Il estime que ces erreurs répétées fragilisent l’autorité arbitrale et alimentent la méfiance des acteurs du football envers ceux qui sont chargés de faire respecter les Lois du Jeu.
Selon lui, l’assistance vidéo à l’arbitrage devrait être utilisée avec davantage de cohérence dans les situations litigieuses. Il plaide notamment pour une réflexion autour d’un recours possible à la VAR à la demande des capitaines, afin de réduire les erreurs manifestes et de renforcer le sentiment d’équité.
Guy Dumesle critique également certaines interventions de la VAR, qu’il juge parfois mal utilisées ou insuffisamment pertinentes, alors même que la technologie devrait permettre de corriger les décisions les plus évidentes.
Sans limiter son analyse à une seule rencontre, l’ancien arbitre estime que le malaise dépasse largement le cadre d’un match isolé. Selon lui, les controverses arbitrales se multiplient dans plusieurs championnats à travers le monde, notamment en Europe, et imposent une réponse institutionnelle forte.
Dans cette perspective, il propose la tenue, après la Coupe du Monde, d’une réunion extraordinaire entre l’International Football Association Board (IFAB) et la FIFA. Cette rencontre aurait pour objectif d’évaluer la conduite des arbitres, de renforcer l’éthique professionnelle et de rappeler l’importance d’une application rigoureuse des 17 Lois du Jeu.
L’ancien officiel attire également l’attention sur les fautes récurrentes observées lors des coups de pied de coin, en particulier les poussées, les accrochages et les obstructions dans la surface de réparation. Il estime que ces comportements devraient être sanctionnés plus systématiquement afin de préserver la fluidité, l’intégrité et l’équité du jeu.
Dans sa lettre, Guy Dumesle rend enfin hommage à l’ancien arbitre italien Pierluigi Collina, qu’il considère comme une référence mondiale en matière d’autorité, de compétence et de crédibilité. Il exprime le souhait de voir émerger une nouvelle génération d’arbitres capables d’incarner les mêmes valeurs.
Par cette démarche, Guy Dumesle invite la FIFA à prendre des mesures concrètes pour protéger l’image du football mondial, renforcer la crédibilité de l’arbitrage et garantir une application plus juste des règles.
Son appel se veut clair et solennel : « Sauvons le football ! »
Gérald Bordes
