Prolifiques en phase de groupes, les Oranje se prennent à rêver d'un premier sacre qui s'est souvent refusé à eux d'un rien. Une ambition à concrétiser d'abord lors du 16e de finale contre le Maroc.
Tous les quatre ans, c’est la même histoire : les Pays-Bas se lancent dans la Coupe du Monde de la FIFA™ avec l’espoir d’enfin briser la malédiction. Peu de sélections ont autant marqué le football de leur empreinte sans jamais remporter le titre suprême ; ce n’est pourtant pas faute de s’en être approché à plusieurs reprises. Depuis 1974, année où les Oranje ont ébloui le monde avec un "Football total" qui a changé à jamais la façon d’appréhender ce sport, l’objectif de remporter le Mondial traverse les générations.
La finale perdue face à l’Allemagne de l’Ouest cette année-là (2-1) a marqué le début d’une série d’échecs qui font partie intégrante de son histoire internationale : revers en finale contre l’Argentine en 1978 (3-1 a.p.), défaite crève-cœur en finale contre l’Espagne en 2010 (0-1 a.p.), demi-finales perdues en 1998 et 2014, et même deux absences, en 2002 et 2018. Les Pays-Bas ont appris à vivre avec leur grandeur sans couronne, avec la reconnaissance universelle et surtout avec le sentiment tenace qu’ils ont un compte à régler avec l’histoire.
S’il y en a un qui ressent parfaitement le poids de l’histoire, c’est bien Ronald Koeman. En 1990 en Italie, et en 1994 aux États-Unis, celui qui est aujourd’hui sélectionneur national était sur le terrain. Trente-deux ans plus tard, le voici de retour en terre maudite, théâtre d’une douloureuse défaite en quarts de finale face au Brésil (3-2), mais à la tête d’une génération pleine d’espoir.
Après leur nul initial contre le Japon (2-2) et leur festival contre la Suède (5-1), les Oranje ont conclu la phase de groupes en dominant la Tunisie (3-1). Ils avancent avec confiance, mais aussi avec le souvenir de tout ce qui leur a échappé par le passé.
Depuis quelques années, l’Oranje mécanique a remis un peu d’huile dans ses rouages. Ronald Koeman a conçu une équipe polyvalente, flexible et intense, capable de s’adapter à différents contextes sans perdre son identité. "Sur le plan footballistique, nous avons une très bonne équipe", a déclaré le sélectionneur au micro de la FIFA. "Nos joueurs aiment avoir le ballon, ils travaillent très bien ensemble et l’ambiance au sein du groupe est excellente."
Koeman a également tenu à souligner un point d’amélioration, alors que début la phase à élimination directe : "Nous avons encore des progrès à faire sur le plan défensif, lorsque nous n’avons pas le ballon. Nous laissons parfois trop d’espace à l’adversaire, ce qui lui permet de jouer dans notre camp", analyse-t-il. Cette mise en garde est toutefois compensée par de nombreuses certitudes offensives : "Nous avons une équipe créative et performante sur le plan offensif. Nous avons marqué dix buts en trois matches, et cela joue clairement en notre faveur."
Malgré des buts encaissés lors des ses sept dernières sorties, Koeman ne ressent pas nécessairement l’urgence de grands ajustements en défense : "Je ne suis pas spécialement inquiet, car on marque suffisamment de buts pour gagner des matches", se justifie-t-il. Contre la Tunisie, le but adverse a été concédé suite à un corner lors duquel, de l’aveu même de l’entraîneur, l’équipe n’était pas bien placée. Mais un diagnostic plus large s’impose : les Pays-Bas doivent se montrer plus compacts sans le ballon, mieux réagir en tant que bloc et décider plus rapidement de reculer ou de presser.
Par ailleurs, les Oranje sont l’objet d’une statistique particulière : ils restent sur une série de 15 matches de Coupe du Monde de la FIFA sans défaite, ni dans le temps réglementaire ni en prolongation. Sa dernière défaite remonte à la finale de 2010 contre l’Espagne. Depuis lors, ils ont systématiquement été éliminés par le même adversaire et de la même manière : l’Argentine, aux tirs au but (en demi-finale de Brésil 2014 et en quarts de finale de Qatar 2022).
En attendant, c’est le Maroc qui fait face aux Néerlandais en seizièmes de finale. "Nous avons atteint notre premier objectif, qui était de finir en tête du groupe. Mais c’est maintenant que les choses sérieuses commencent, et nous allons affronter un adversaire de taille", annonce le sélectionneur. Virgil Van Dijk, capitaine et pilier de la défense, souligne lui aussi l’importance du prochain match : "Je m’attends à affronter une équipe du Maroc très forte et très technique. Mais c’est une équipe qui a aussi des points faibles, et nous devrons tout faire pour bien les exploiter."
Les Pays-Bas comptent bien poursuivre leur parcours dans cette Coupe du Monde de la FIFA avec ce mélange de beauté et d’efficacité qui les accompagne depuis toujours. Mais malgré les buts en série, la confiance et l’enthousiasme, l’expérience a déjà prouvé aux Oranje qu’il ne valait mieux pas célébrer les titres avant de les avoir remportés. Face au Maroc, le beau jeu seul ne suffira plus.
Source : FIFA
