« Nous, les Haïtiens, nous nous sommes identifiés avec le football », tel est l’un des refrains de la composition de Loubert Cadet « Football nan san nou ».
Voici des séquences du texte en créole dans les lignes qui suivent.
Ayisyen nou gen foutbol la nan san nou(bis)
Nou gen foutbol la nan san nou vre
Nan tout branch nan tout ko n
nan tout pye nou
Bay jwè nou sa yo merite
Omaj pou jwè nou yo
Yo toujou pot drapo nou byen wo
« Football nan san nou », ce titre dénote une association intrinsèque de l’Haïtien au football. Haïti est un nom qui résonne pour ses prouesses. Le compositeur a ouvert une page d’histoire de la caraïbe antique ou le jeu de « batos » a marqué la vie des indiens d’Haïti.
Le Football est donc l'âme du peuple haïtien. les enfants s’amusent avec des marmistes, des ballons en latex, des balles de baseball, des oranges ou des chadèques, citrouilles .Tout ce qui a la forme ronde et qu’on peut tirer avec le pied. Et, on se demande si le jeu de « batos » pratiqué par les indiens d'Haïti ne justifie pas un parti pris pour le football.
Le jeu de batos serait l’un des ancêtres du football comme c’est le cas de la soule en Grande Bretagne. Pour pratiquer le batos, on utilisa un ballon fait de matière naturelle, en fil de coton ou en caoutchouc brut. Les hanches, la tête, les genoux et la coude sont tous mobilisés .Il se déroulait sur les places publiques aménagées, soient les bateyes. C’est plus qu’un divertissement, plutot un rituel sacré ou un moyen de régler des conflits entre différentes tribus. C’est un jeu cérémoniel des Tainos. Il se jouait en équipe en interdisant l’usage des mains. Le football est plus qu'un sport en Haïti, il est une tradition ancrée dans l'identité haïtienne. Le Football a évolué avec l’usage des pieds et des mains et une codification stricte.
Pour les haïtiens et haïtiennes, le football tient lieu de rituel, pour se passer d’un simple sport.
Les haïtiennes et les haïtiens ne manquent pas pour faire l’éloge du football et de nos joueuses et joueurs dans leurs chants et leurs refrains. Le Compas direct vient puiser dans ses richesses rythmiques pour donner de l'éclat au football haïtien et créer une hantise dans la population qui s'identifie aux couleurs nationales. L'inclusion, la cohésion et le patriotisme sont au rendez-vous. Ce n'est pas du fanatisme mais de l'engagement envers l'équipe nationale alors qualifiée un jour d’anniversaire de la bataille de Vertières, le 18 novembre 2025.
On se rappelle la mobilisation du peuple haïtien à la rescousse du joueur Emmanuel Sanon pour lui rapatrier au besoin de qualification face à Cuba pour la coupe du monde de 1978.Radio Métropole a organisé une levée de fonds réussie pour compenser le club belge avec lequel Emmanuel Sanon avait un contrat pour lui permettre de s’aligner alors dans notre équipe nationale. Cet exploit n’aurait pas lieu dans une circonstance autre que celui du sport du football.
La participation de l’équipe nationale de football haïtien à la coupe du monde de 2026 n’est pas une affaire de compétition. Nous n’avons pas la prétention de rivaliser “les grands ténors” mais nous sommes comptés comme des sujets non comme des numéros. Nous allons promouvoir le fairplay et l’honneur.
Repères bibliographiques
-Odette Roy Fombrun (1992), L’Ayiti des indiens, Les Editions Henri Deschamps
-Yolanda Wood (2000), L’art de la caraïbe, Col. Les cahiers de la Fondation, Tome I, Imprimeur II, Port au Prince, Haïti, Juillet 2000
-Raphael Féquière(2008), “Emmanuel Sanon est parti.Un objet d’art du football haïtien est brisé” in Le Nouvelliste du 21 février 2008.
-.Hancy Pierre (2026), Haïti-Le carnaval de dignite, une saga haïtienne” in Le National du 14 février 2026.
-Hancy Pierre (2026) “Haïti-Carnaval- plaidoyer pour une diplomatie culturelle”, in Le Nouvelliste du 19 février 2026.
