Dans une société haïtienne fragilisée, où la jeunesse manque trop souvent d’initiatives structurantes et porteuses d’espérance, le sport peut devenir bien plus qu’un simple espace de compétition. C’est dans cette perspective que le Comité Olympique Haïtien (COH), en collaboration avec Solidarité Olympique, le Comité International Olympique (CIO) et la Fondation AIC, a lancé le programme « Sport pour la paix », destiné à offrir aux jeunes Haïtiens une alternative positive fondée sur l’éducation, la cohésion sociale et la promotion d’une culture de paix.
Le lancement officiel du programme a eu lieu le 22 avril, sur la terrasse du COH, en présence notamment du Dr Hans Larsen, président du Comité Olympique Haïtien, de Patrick Blanchet, secrétaire général du COH, d’Alfred Metellus, ancien ministre des Finances et trésorier du COH, de l’homme d’affaires Olivier Barrau, président-directeur général de l’AIC, ainsi que de Laurent Saint-Cyr, ancien président du Conseil présidentiel de transition (CPT) et initiateur du programme.
Plusieurs établissements scolaires prennent part à cette phase pilote, dont les lycées de Pétion-Ville, du Cinquantenaire, Jean-Jacques, Alexandre Pétion et La Saline, appelés à devenir les premiers bénéficiaires de cette initiative.
Dans son intervention, le Dr Hans Larsen a rappelé la portée universelle du sport, capable de rassembler, d’éduquer et d’ouvrir des perspectives nouvelles aux jeunes. Il a invité les élèves à s’approprier les valeurs olympiques fondamentales que sont le respect, l’excellence et l’amitié, tout en soulignant l’importance de l’éducation, qu’il a présentée comme un privilège et un levier essentiel d’émancipation.
De son côté, Olivier Barrau a encouragé les jeunes à canaliser leur énergie vers des actions positives. Selon lui, le programme « Sport pour la paix » constitue un message fort contre la violence et exige un engagement durable. Il s’est également réjoui du renouvellement du partenariat entre l’AIC et le COH pour la période 2024-2028, tout en appelant à une mobilisation conjointe du gouvernement, du secteur privé et de la société civile en faveur du développement du sport en Haïti.
Prenant la parole au nom des jeunes, Anaïcka Jérôme, élève au lycée du Cinquantenaire, a remercié les initiateurs du projet et exprimé l’engagement de ses camarades à promouvoir la paix dans leurs communautés. Elle a affirmé leur volonté de devenir des acteurs du changement et de contribuer au renouveau d’Haïti.
Un document d’engagement collectif a également été signé entre le Comité Olympique Haïtien, la Fondation AIC et les représentants des écoles participantes, afin de formaliser leur volonté commune de faire du sport un vecteur durable de paix.
Le programme repose sur trois grands piliers : la mobilisation et la sensibilisation, l’éducation par le sport et l’engagement citoyen. Sa phase pilote, prévue d’avril à juin 2026, comprendra plusieurs activités, notamment des séances de sensibilisation dans les écoles, un tournoi interscolaire de futsal, un festival « Sport pour la paix » ainsi qu’un concours de plaidoirie.
À travers cette initiative, le sport est appelé à redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un espace d’apprentissage, de discipline, de fraternité et d’espérance pour une jeunesse en quête de repères.
Gérald Bordes
