Quand l’actualité nationale vacille entre crises et incertitudes, le sport demeure l’un des rares langages capables de redonner souffle et dignité à l’image d’Haïti. Après les performances du football haïtien en 2025 et 2026, puis l’élan symbolique impulsé par Richardson Viano et Stevenson Savart aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, un nouveau chapitre s’ouvre.
Du 6 au 15 mars, toujours à Jeux paralympiques d'hiver de Milan-Cortina, le skieur paralympique Ralf Étienne ambitionne de devenir le premier para-athlète haïtien à participer à cette compétition mondiale. Amputé de la jambe gauche à la suite du séisme du 12 janvier 2010, il évoluera dans la catégorie LW2 (ski debout pour athlètes présentant un handicap d’un membre inférieur). Depuis deux ans, il s’entraîne avec détermination et s’est qualifié grâce à ses propres moyens financiers.
Mais l’histoire pourrait s’interrompre avant même de commencer. Selon le président du Comité national paralympique haïtien (CNP-Haïti), Roadforby Milort, d’importantes difficultés financières menacent la participation de la délégation : billets d’avion non encore achetés, équipements incomplets, contrat non signé avec l’équipe technique – composée de spécialistes suisses – faute de ressources.
Le budget nécessaire s’élève à 150 000 dollars américains. Dans l’attente d’un appui concret de l’État et du secteur privé, le CNP-Haïti a lancé une campagne de financement participatif sur sa page Facebook « Paralympique d’Haïti ».
Au-delà d’une compétition sportive, la présence de Ralf Étienne à Milan-Cortina constituerait un acte fondateur pour l’inclusion des personnes en situation de handicap en Haïti. Soutenir cet athlète, c’est investir dans une vision de société plus juste, où le courage et la résilience ne sont pas des slogans, mais des réalités incarnées.
Gérald Bordes
