À l’approche du 13 décembre, date prévue pour l’organisation des élections, un nouveau changement survient à la tête du Conseil électoral provisoire (CEP). Ce mardi 8 septembre 2026, Peterson Pierre-Louis a remplacé Jacques Desrosiers, représentant de la presse. La recomposition du bureau exécutif place désormais Peterson Pierre-Louis comme président, tandis que Jaccéus Joseph, représentant du secteur paysan, conserve la vice-présidence. Nemrod Sanon, représentant du secteur syndical et ancien trésorier, devient secrétaire général. Schnaïda Adély, représentante du secteur vaudou, rejoint le bureau en qualité de trésorière.
Contacté par téléphone, Danio Siriack, porte-parole de l’OPL, estime que ce changement de présidence n’entrave pas le travail technique du Conseil électoral, les dossiers étant gérés collectivement par les membres permanents. Toutefois, il souligne que l’insécurité généralisée et un calendrier jugé irréaliste compromettent la tenue du premier tour en décembre. Il dénonce également un décret électoral inconstitutionnel, imposant aux candidats le dépôt de 26 pièces justificatives dont des déclarations d’impôts sur cinq ans et des attestations de la Banque centrale.
Selon lui, les véritables obstacles au respect du calendrier électoral ne proviennent pas des changements internes au CEP, mais des facteurs sécuritaires, logistiques et juridiques. À ce jour, seulement 500 000 électeurs environ ont été inscrits, alors qu’il en faudrait entre 3 et 4 millions pour organiser un scrutin crédible.
La majorité des partis politiques qualifient le décret électoral d’antidémocratique et exigent sa correction avant toute inscription de candidats. Les modifications réclamées portent sur notamment la réduction du nombre de pièces exigées, pour revenir à une dizaine comme lors des élections antérieures, la suppression de l’obligation d’obtenir des attestations auprès d’organismes centraux pour des candidatures locales. En outre, le retrait de la clause empêchant un citoyen de se présenter s’il n’a pas soumis ses déclarations d’impôts sur les cinq dernières années.
À cet effet, le porte-parole du parti politique de l’OPL, Danio Siriack accuse le gouvernement de vouloir imposer des dates sous la pression internationale, au lieu d’établir un calendrier réaliste et un cadre légal révisé.
Insécurité et scepticisme sur la tenue du scrutin
Parallèlement, Clarens Renois, leader du parti politique UNIR, juge le calendrier actuel totalement irréaliste. Il propose un sommet d’évaluation pour fixer une nouvelle date, garantissant une campagne sécurisée et la confiance des électeurs. Il insiste sur la nécessité d’une neutralité absolue du gouvernement, soupçonné de vouloir favoriser son propre candidat.
Le pays fait face à des défis majeurs dont plusieurs départements sont occupés par des bandes armées, certains quartiers demeurent inaccessibles, et l’intensification des cas de kidnapping paralyse toute activité politique. Dans ces conditions, les acteurs politiques affirment qu’il est impossible d’organiser des élections crédibles le 13 décembre.
Avec une insécurité généralisée, l’intensification des cas de kidnapping dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, un calendrier irréaliste, les acteurs politiques affirment que la réalisation des élections à moins de trois mois dans le pays, paraît totalement impossible à la fin de l’année.
Likenton Joseph
