Le processus électoral semble prendre sa vitesse de croisière, avec l’enregistrement des partis et groupements politiques déjà réalisé, l’inscription des regroupements politiques en cours, ainsi que la poursuite de l’inscription des électeurs. Le Conseil électoral provisoire (CEP) et les autorités étatiques avancent également avec un calendrier électoral en vue de la tenue des prochaines élections.
Toutefois, cette dynamique suscite des interrogations chez plusieurs acteurs de la vie nationale, notamment les organisations de défense des droits humains. Dans un contexte marqué par une situation sécuritaire particulièrement difficile, la question de la capacité des citoyens à exercer librement leurs droits politiques se pose avec insistance.
Quel regard portent les organisations de défense des droits humains sur l’avancement du processus électoral ? La situation sécuritaire permet-elle de garantir à chaque citoyen le droit de participer librement et en toute sécurité au scrutin ? Quelles catégories de la population risquent d’être laissées de côté, notamment les personnes déplacées par l’insécurité, les personnes handicapées et les habitants des zones difficiles d’accès ?
Les garanties à mettre en place par les autorités et le CEP constituent également un enjeu majeur. Il s’agit notamment de savoir quelles dispositions pourraient permettre d’assurer des élections libres, inclusives, transparentes et respectueuses des droits fondamentaux. La faisabilité du calendrier électoral, compte tenu des difficultés actuelles, demeure par ailleurs une autre source de questionnement.
Pour Me Darbensky Gilbert, responsable de l’Ordre des défenseurs des droits humains (ORDEDH), la tenue des élections passe d’abord par la recherche d’une entente politique entre les différents acteurs et les autorités. Selon lui, cette démarche serait nécessaire pour créer les conditions permettant de résoudre les difficultés liées à l’organisation du scrutin.
Me Gilbert rappelle que plusieurs échéances électorales ont été annoncées au cours des dernières années sans parvenir à la tenue effective d’élections. Il souligne également que le pays est privé d’un Parlement fonctionnel depuis plusieurs années, tandis qu’une partie de la jeunesse haïtienne n’a jamais eu l’occasion de participer à une élection.
Le responsable de l’ORDEDH estime par ailleurs que le non-renouvellement du personnel politique constitue un autre problème. À ses yeux, la prolongation de la transition profite davantage aux autorités en place qu’à la population. Il appelle ainsi les citoyens à se mobiliser afin de réclamer l’organisation des élections.
Malgré les incertitudes entourant la date du scrutin, Me Darbensky Gilbert, encourage les citoyens à s’inscrire comme électeurs, estimant que cette démarche demeure nécessaire, quelle que soit la date finalement retenue pour la tenue des élections.
Sorah Schamma Joseph
