En dépit des protestations de l’ONU, les politiques anti-migrants du président dominicain Luis Abinader se poursuivent contre les Haïtiens, y compris des femmes enceintes ou allaitantes. Dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux on voit clairement un migrant malmené sur une motocyclette comme une vulgaire bête de somme par l’immigration dominicaine.
Plusieurs voix ne cessent de tomber dénonçant le traitement infligé à un migrant haïtien, transporté comme un animal sur une motocyclette, lors d’une intervention, au cours de ce mois de juillet 2026, impliquant des agents de la Direction générale de la migration (Dgm), dans la province de San Juan de la Maguana, en République Dominicaine.
C’est le cas du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR ) qui dénonce cette situation montrant deux agents de la migration dominicaine transportant à vive allure, à bord d’une motocyclette, un ressortissant haïtien présenté comme pieds nus et visiblement terrorisé, dans une note publiée le jeudi 23 juillet 2026 et consultée par le National.
Pour le GARR, cette situation constitue une atteinte à la dignité humaine et met en danger l’intégrité physique du migrant.
Pour L’organisation, ces pratiques sont récurrentes, lors des opérations de contrôle migratoire menées en République Dominicaine.
La Direction générale de la migration dominicaine a annoncé, le mardi 21 juillet 2026, l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de l’agression sur le migrant haïtien, selon les informations rapportées par le quotidien dominicain Diario Libre.
Rappelons toutefois que ce n’est pas pour la première fois qu’on enregistre ces cas, ou les autorités dominicaines ont souvent tendance à minimiser les faits et à présenter les personnes victimes de mauvais traitements comme responsables des actes d’agressions dont elles sont victimes, estime le Garr, qui exprime des réserves quant à l’issue de l’enquête annoncée.
L’organisation considère cette affaire comme un nouvel exemple des violations des droits humains, dont sont régulièrement victimes les migrantes et migrants haïtien.ne.s en République dominicaine.
Les images, diffusées sur les réseaux sociaux, ne représentent qu’une partie d’une situation beaucoup plus grave, signale la plateforme Garr.
Elle dénonce également ce qu’elle assimile à des politiques migratoires « racistes » et « xénophobes » visant les migrantes haïtiennes et migrants haïtiens en République dominicaine.
Selon l’organisation, ces politiques favorisent un climat, dans lequel des abus peuvent être commis sans que leurs auteurs soient systématiquement sanctionnés.
Face à cette situation, la plateforme Garr appelle les autorités haïtiennes, particulièrement le Ministère des affaires étrangères, à intervenir auprès des autorités dominicaines, afin que toute la lumière soit faite sur cette agression caractérisée et que les responsabilités soient établies.
Au-delà de ce cas particulier, la plateforme Garr appelle également Haïti et la République Dominicaine à engager des discussions sur la question migratoire.
Elle préconise notamment une actualisation du protocole d’accord de 1999, relatif aux mécanismes de rapatriement, afin de l’adapter aux réalités et aux défis migratoires actuels.
Entre le 1er et le 30 avril 2026, les autorités de la République dominicaine ont procédé à l’expulsion de 21,007 migrantes et migrants haïtien.ne.s, indique la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et refugiés (GARR) dans son rapport du mois de juin 2026.
Gerard H. Resil
