La Cellule de coordination des sites (CCS), qui regroupe des camps de déplacés dans la commune de Delmas, a fait son lancement officiel le jeudi 09 juillet 2026 et a également profité de l'occasion pour présenter la situation des populations vivant dans les sites, une structure visant à porter les revendications des personnes déplacées.
En effet, depuis des années, la population haïtienne fait face à une situation de déplacement forcé à cause des groupes armés qui sèment la terreur dans plusieurs zones dans la capitale, notamment dans plusieurs autres départements du pays, dont l'Artibonite et le Centre.
Dès lors, des milliers de citoyens sont obligés de se loger dans des sites de déplacés, vivant dans des situations précaires, sans aucune intervention des autorités étatiques pour les reloger, exposés à toutes sortes de situations et vivant sous la merci des organisations nationales et internationales œuvrant dans le pays.
Dans ce contexte, une nouvelle structure de regroupement de ces victimes de la crise sécuritaire est mise en place. Ce regroupement porte le nom de la Cellule de coordination des sites (CCS) et a pour mission d'attirer l'attention des dirigeants de ce pays sur les conditions déplorables de ces citoyens haïtiens.
Dans ce sens, le porte-parole de la CCS, M. Fritz Larneau, a fait savoir que le moment est venu de dire à l'État haïtien que les conditions de vie des personnes déplacées sont devenues insoutenables, d'après un ensemble de constats qu'ils ont faits.
Il constate que des milliers d'enfants ne fréquentent pas l'école. Ceux qui ont pu être scolarisés ne peuvent même pas récupérer leur bulletin scolaire, tandis que les candidats aux examens d'État ne parviennent pas à obtenir leur fiche de participation. Pour lui, cette situation ne suscite aucune réaction de la part des autorités de l'État.
« En pleine saison cyclonique, les personnes vivant dans les sites sont exposées aux inondations et à de graves risques, sans mesures de protection adéquates de la part des autorités. Des femmes enceintes, des nourrissons, des personnes âgées et des malades sont privés d'un accès aux soins de santé », a fait savoir le responsable.
Plus loin, il a affirmé que les sites font face a une rareté d'eau potable. Il a expliqué que la majorité des déplacés vivaient auparavant de leur commerce. Maintenant, ils ont perdu leurs moyens de subsistance et leurs conditions d'hygiène sont extrêmement précaires, avec la présence de différents insectes nuisibles vivant dans leur milieu.
Par ailleurs, il estime que certains sites bénéficient de restaurants communautaires installés par le FAES, tandis que d'autres n'ont accès à aucune assistance alimentaire. L'État a annoncé une aide de 100 000 gourdes pour encourager les déplacés à quitter les sites, alors qu'il n'apporte aucune solution durable à leur relogement ni à leur réinsertion.
« Face à cette situation, la CCS appelle les autorités de l'État haïtien à assumer pleinement leurs responsabilités envers les personnes déplacées internes », a exigé M. Larneau.
Par ailleurs, il menace d'engager des mouvements de mobilisation à travers tout le pays afin de faire entendre la voix des victimes si aucune réponse concrète n'est apportée dans les prochains jours.
Enfin, la CCS adresse un message de courage et de solidarité à toutes les personnes touchées par les récents événements, en particulier les déplacés de la Plaine de Marchand-Dessalines et de Kenscoff.
Yasmine Sanon
