Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a organisé, ce mercredi 24 juin 2026 à Pétion-Ville, la deuxième journée d’échanges consacrée à la Politique nationale d’accréditation des écoles privées, des centres de formation technique et des universités privées. Cette rencontre a réuni des responsables du MENFP ainsi que des représentants de la Commission épiscopale pour l’éducation catholique (CEEC), dans le cadre des consultations engagées autour de la réforme du système éducatif haïtien.
Le ministre de l’Éducation Nationale, Vijonet Demero, a réitéré l’engagement de son administration en faveur d’une refondation profonde du système éducatif national.
Selon le titulaire du MENFP, plusieurs programmes jugés dépassés ainsi que certaines pratiques pédagogiques héritées du système colonial feront l’objet d’une révision afin de laisser place à de nouvelles approches mieux adaptées aux réalités contemporaines. Il a notamment mis l’accent sur la réforme curriculaire, l’éducation numérique, l’éducation citoyenne, l’éducation financière ainsi que la santé mentale et le bien-être des élèves.
Le ministre a souligné que l’intégration du numérique ne doit plus être perçue comme un luxe, mais comme un outil pédagogique de base permettant d’interconnecter les établissements scolaires et de préparer les jeunes aux métiers de demain. Il a également insisté sur l’importance de l’éducation citoyenne, appelée à renforcer le sens du bien commun et de la responsabilité collective.
Par ailleurs, l’éducation financière devra, selon lui, doter les élèves de compétences pratiques leur permettant de gérer leurs ressources, d’entreprendre et de mieux comprendre les mécanismes de l’économie réelle. Quant à la santé mentale, elle constitue désormais un axe prioritaire en milieu scolaire afin que l’école demeure « un sanctuaire de paix, de protection et de guérison ».
« Nos enfants doivent être formés pour les rôles de demain tout en restant ancrés dans les valeurs de la patrie », a déclaré le ministre du MENFP.
Reconnaissant les efforts consentis par les réseaux scolaires dans un contexte national particulièrement difficile, M. Demero a assuré que l’État ne se limitera pas à imposer des exigences aux établissements. Il a affirmé que les autorités entendent accompagner les institutions tout au long du processus d’accréditation et assumer pleinement leurs responsabilités dans l’amélioration du système éducatif.
À ce titre, il a annoncé la poursuite des investissements du Fonds national de l’éducation (FNE) dans le financement des infrastructures scolaires, les subventions éducatives ainsi que l’appui aux projets innovants. Il a également indiqué que le Programme national de cantines scolaires (PNCS) sera renforcé afin d’intensifier la distribution de repas chauds préparés à partir de produits locaux dans les établissements. Le ministère prévoit en outre un accompagnement technique accru ainsi que l’intégration de nouveaux modules portant notamment sur la santé mentale, l’éducation financière, l’éducation numérique et l’éducation citoyenne.
Pour sa part, le directeur général de l’Institut national de formation professionnelle (INFP), Franck Lauture, a estimé que l’accréditation constitue avant tout un engagement en faveur de la qualité.
« Lorsque nous parlons d’accréditation, nous parlons de qualité, de confiance, de crédibilité et surtout de l’avenir de milliers de jeunes qui choisissent l’éducation comme voie de réussite professionnelle et personnelle », a-t-il déclaré.
Selon lui, une institution accréditée doit être en mesure d’offrir des services de qualité, de garantir un environnement d’apprentissage adéquat, de disposer d’enseignants qualifiés, de programmes adaptés aux besoins du marché et de certifications crédibles ayant une réelle valeur dans le monde du travail.
Franck Lauture a par ailleurs précisé que la démarche d’accréditation ne vise ni à sanctionner ni à exclure les établissements.
« La démarche de l’accréditation ne vise donc ni à sanctionner ni à exclure. Elle vise à reconnaître les bonnes pratiques, à valoriser les institutions performantes et à accompagner celles qui souhaitent améliorer leur niveau de qualité », a-t-il soutenu.
Le responsable de l’INFP a enfin présenté les cinq axes stratégiques qui sous-tendent la vision de l’institution dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique d’accréditation. Il s’agit de la qualité institutionnelle, de la qualité des infrastructures, de la qualité des formateurs, de la pertinence des programmes et de l’amélioration continue.
À travers cette nouvelle journée de consultation, le MENFP entend poursuivre le dialogue avec les différents acteurs du secteur éducatif afin de jeter les bases d’un système d’accréditation capable de renforcer la qualité et la crédibilité des établissements d’enseignement privés en Haïti.
Modeline Youte
