Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a déclaré lors de la célébration de la journée mondiale de la fonction publique avoir mis « tous les moyens » à la disposition du Conseil électoral provisoire (CEP) pour la réalisation des élections dans le pays .Une affirmation qui se veut rassurante, mais qui continue de susciter des interrogations tant au sein de la classe politique que parmi les observateurs du processus élections, en prenant en compte les divergences entre le Conseil électoral provisoire et le gouvernement sur le décret électoral.
À ce stade, aucun budget électoral détaillé n'a été rendu public. Si le gouvernement a annoncé sa volonté d'organiser un référendum constitutionnel suivi d'élections générales, les ressources effectivement allouées au CEP demeurent inconnues.
Aucun document officiel ne précise les montants disponibles pour financer les différentes opérations électorales, à noter que le gouvernement maintient sa volonté de ne pas dépasser un plafond d'environ150 millions de dollars.
Aucun calendrier électoral n'est disponible jusqu'a date e dépit des annonces répétées des autorités sur leur volonté de respecter les échéances de la transition, le CEP n'a pas encore publié de chronogramme officiel fixant les principales étapes du processus. Les dates relatives à l'inscription des candidats, à la campagne électorale, ou encore aux élections générales restent inconnues, alimentant le doute quant à la faisabilité du calendrier politique envisagé.
La question du cadre juridique continue également d'alimenter les débats. Le décret électoral adopté pour encadrer le processus fait l'objet de critiques de la part de plusieurs partis politiques, organisations de la société civile et acteurs de la transition, qui dénoncent un texte élaboré sans véritable consensus. Certains estiment qu'un processus électoral ne peut être crédible et inclusif sans un minimum d'accord politique entre les principaux protagonistes de la vie nationale.
À ces préoccupations s'ajoute la persistance de l'insécurité. Plusieurs communes du département de l'Ouest ainsi que d'autres régions du pays demeurent sous l'influence de groupes armés, compliquant considérablement les opérations liées à l'organisation des scrutins. L'acheminement du matériel électoral, le déploiement des agents électoraux, l'ouverture des bureaux de vote et la participation des électeurs représentent autant de défis auxquels le CEP devra faire face.
Dans ce contexte, la déclaration du chef du gouvernement soulève une interrogation essentielle : quels sont concrètement les moyens mis à la disposition du CEP ? S'agit-il de ressources financières déjà décaissées, de garanties logistiques, d'un dispositif sécuritaire spécifique ou encore d'un accompagnement technique de partenaires internationaux ? En l'absence de précisions de la part de l'exécutif et du Conseil électoral provisoire, cette affirmation demeure difficile à évaluer.
Sorah Schamma Joseph
