Edwin Paraison, directeur exécutif de la fondation Zile a examiné lors d’un entretien accordé au journal Le National, les défis auxquels sont confrontés les migrants haïtiens en République dominicaine en ce qui concerne leur intégration sociale, et surtout le mauvais traitement qu’ils subissent au moment des rapatriements.
Il décrit comment l’histoire conflictuelle entre Haïti et la République dominicaine, qui partagent la même ile, continue d’influencer la communication entre leurs citoyens, entraînant une distorsion systémique des relations inter-subjectives. M. Paraison dénonce la volonté réelle des autorités haïtiennes, d’aboutir à des résultats concrets malgré les démarches de la ministre des affaires étrangères et des cultes Raina Forbin et son homologue dominicain ROBERTO Alvarez a codevi sur la frontière.
En effet, des milliers de nos compatriotes continuent d’être pourchassés et rapatriés souvent sans leurs enfants regrette le directeur exécutif. Garçons et filles, femmes enfants, personnes en situation de handicap sont quotidiennement forcés de quitter la R.D dans des conditions infrahumaines, comme des bêtes de somme.
Parmi les récentes victimes, la population du Plateau central continue d’accueillir ses compatriotes contraints de fuir la R.D pour échapper à la brutalité et aux agressions des dominicains. Même dans des hôpitaux, les femmes haïtiennes sont pourchassées.
Le pari de l’assainissement
L’accès à l'eau potable et l’hygiène représentent un défi majeur pour les personnes rapatriées qui, lorsqu’elles ne sont pas prises en charge par des organisations de droits humains, grossissent les rangs des camps de déplacés internes victimes de la violence des gangs armés. Si les personnes rapatriées fuient le cauchemar vécu en terre voisine dans l’espoir de retrouver un minimum de tranquillité d’esprit, ce pari semble perdu. Leurs nuits sont interminables et elles vivent sous un stress constant.
La fondation Zile a insisté sur la séparation des enfants de leurs parents craignant ainsi que ces enfants perdent définitivement contact avec eux compromettant ainsi leur avenir.
Gerard H. Resil
