Depuis le 1er juin, la Police nationale d’Haïti (PNH), appuyée par la Force de répression des gangs (FRG), des unités spécialisées et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), mène une opération d’envergure à Village-de-Dieu, bastion du groupe criminel «â€¯5 secondes » dirigé par le chef de gang Jhonson André alias Izo. Au cours de cette opération, plusieurs individus auraient été tués et des armes saisies. Des défenseurs des droits humains, dont Antonal Mortimé du Collectif Défenseurs Plus, réclament la poursuite de l’opération jusqu’à l’éradication de ce groupe criminel qualifié désormais de terroriste.
Par ailleurs, le directeur exécutif du collectif défenseurs Plus, Antonal Mortimé, insiste sur la nécessité d’une planification autonome de la PNH afin d’éviter des victimes innocentes et de garantir la justice. Méfiant vis-à-vis des forces étrangères, il plaide pour un renforcement des capacités locales et des services de renseignement.
De surcroît, il souligne également que l’État ne doit pas seulement éliminer les criminels, mais les traduire devant les tribunaux, rappelant que l’instabilité sécuritaire est liée à la crise politique persistante depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Selon lui, la difficulté majeure réside dans la distinction entre membres de gangs et citoyens ordinaires lors des opérations. Cette confusion, aggravée par la présence de forces internationales, expose la population civile à des risques. Le défenseur des droits Humains, Antonal Mortimé appelle à une meilleure information et formation de la population, ainsi qu’à une justice proactive pour cibler les «â€¯gangs à cravate », ces acteurs en col blanc dont l’implication criminelle est moins visible.
À cet effet, le renseignement est présenté comme un outil stratégique indispensable pour le Conseil supérieur de la PNH, permettant de planifier des interventions précises et d’éviter les opérations aléatoires. Il estime que seule une coordination étroite entre police et justice peut garantir que les véritables responsables soient jugés.
In fin, il juge «â€¯plus intéressant » que les opérations soient menées directement par la PNH plutôt que par des forces étrangères, lesquelles peinent à distinguer criminels et civils. Pour lui, la solution durable passe par le renforcement de la police nationale et le soutien de la société civile, afin de briser le cycle de la criminalité et d’assurer une stabilité pérenne.
Likenton Joseph
