Le ministère des Affaires étrangères et des Cultes organise, les 28 et 29 mai 2026, une Conférence nationale des leaders religieux pour la paix, la stabilité et le civisme. Cette activité réunit des membres du gouvernement ainsi que des représentants de différentes confessions religieuses du pays autour d’échanges visant à promouvoir la cohésion sociale et la réconciliation nationale.
Cette conférence se déroule dans un contexte de crise multidimensionnelle marqué par l’insécurité persistante, la fragmentation sociale et la détérioration du tissu communautaire. Les jeunes, particulièrement touchés par cette situation, sont confrontés à d’importantes vulnérabilités économiques, sociales et psychologiques, favorisant parfois leur implication dans des réseaux de violence.
Face à cette réalité, les autorités misent sur le rôle des institutions religieuses, considérées comme des piliers essentiels de socialisation, d’éducation morale et de médiation communautaire. À travers cette initiative, le gouvernement de transition souhaite instaurer un cadre de dialogue interreligieux afin d’encourager des engagements concrets en faveur de la paix, de l’unité nationale et de la réinsertion des jeunes affectés par la violence.
Durant ces deux journées, les participants prennent part à des ateliers, des séances plénières et des travaux de groupes départementaux. Les discussions portent notamment sur les causes profondes de la violence, les solutions adaptées aux réalités locales, les mécanismes de coopération interreligieuse ainsi que l’adoption d’une déclaration commune.
Quatre principaux ateliers sont au programme :La prévention de la violence communautaire ;
La prise en charge et l’accompagnement des victimes ;
La mise en place d’alternatives et de programmes de réinsertion ;
La promotion de l’éducation citoyenne et des valeurs de civisme, de paix et de tolérance.
La ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a salué la réponse favorable des leaders religieux à cet appel au dialogue. Selon elle, cette conférence représente « un espoir national », soulignant que les cultes constituent un pilier moral et social indispensable à la reconstruction du pays. Elle a exhorté les responsables religieux à demeurer des artisans de paix, des acteurs de réconciliation nationale et des soutiens pour la jeunesse haïtienne.
Présent à l’ouverture de la conférence, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement attend des propositions concrètes issues des échanges entre les leaders religieux afin de contribuer au rétablissement de la stabilité dans le pays. Insistant sur l’importance du rôle des responsables religieux dans la société, il les a appelés à faire de l’amour une force spirituelle et sociale capable de redonner espoir aux communautés.
Le chef du gouvernement a également annoncé le lancement du programme
« Kay Jenès la » dans les communes, en partenariat avec les communautés religieuses. Ce projet vise à créer des espaces de formation destinés aux jeunes afin de promouvoir l’apprentissage, le service communautaire et l’engagement citoyen.
Par ailleurs, il a annoncé la création d’un Fonds national pour la paix, la réinsertion et le service communautaire, basé sur les principes de transparence et de responsabilité. Enfin, il a lancé un appel à toute la population afin de privilégier l’unité plutôt que la division.
Sorah Schamma Joseph
