Le collectif des avocats pour la défense des droits humains (CADDOH) dénonce les conditions de vie précaires de la population déplacée, notamment les habitants de la Plaine du Cul-de-Sac qui ont été contraints de fuir leurs maisons en raison de l'éclatement d'une guerre entre les groupes rivaux qui évoluent dans cette zone. Il appelle la population à se mobiliser contre l'inaction des autorités.
En effet, environ 30 000 membres de la population de la Plaine du Cul-de-Sac ont été ajoutés à la longue liste des déplacés internes. Plusieurs familles ont dû trouver refuge sur des places publiques, chez des proches ou encore dans des abris provisoires déjà occupés par des personnes vivant dans des conditions très précaires.
Une situation qui paraît préoccupante, d'après le coordonnateur du collectif des avocats pour la défense des droits humains, Me Arnel Rémy, qui a fait savoir que de nombreuses personnes vivent aujourd’hui dans une grande détresse, dans la désolation. Elles sont dans l'incapacité de se nourrir, elles dorment dans des conditions difficiles et vivent dans l’angoisse, sans véritable espoir de retrouver un jour leur vie d'avant.
« Alors que l’État continue de dépenser des sommes importantes pour la sécurité, allant jusqu’à faire appel à des compagnies étrangères, dans lesquelles des millions de dollars ont été investis pour rétablir l’ordre public dans le pays sans aucun résultat concret, ce gouvernement aurait pu investir ces ressources dans le renforcement et l’accompagnement de la Police nationale d’Haïti, en mobilisant des experts internationaux pour former et appuyer les policiers haïtiens qui maîtrisent les interventions, comme cela se fait dans plusieurs autres pays », a déclaré M. Rémy.
M. Rémy a qualifié de défaillant et indifférent l'État haïtien qui ne manifeste pas une volonté réelle de résoudre la crise sécuritaire du pays, qui continue de plonger la population dans le désarroi.
Face à l'inconscience de l'État, il appelle la population à se soulever contre ce gouvernement. Il estime que ce gouvernement ne répond pas à leurs besoins, ni n’apporte de solutions à leurs problèmes. L’État n’arrive pas à garantir la sécurité de la population. Chaque jour, la situation ne fait que s’aggraver, avec des cas de kidnapping qui continuent de se multiplier, notamment au niveau de Delmas.
Par ailleurs Mackenson Eprimé, coordonnateur de Réflexion Pays et membre du CADDOH croit qu'il est important que les populations victimes de la crise sécuritaire portent plainte contre les autorités de l'État pour dénoncer leur inaction face à l'aggravation de l'insécurité.
Yasmine Sanon
