Le gouvernement haïtien a publié, dans Le Moniteur, l’arrêté fixant le salaire minimum pour les différents segments. Cet ajustement, selon plus d’un, reste dérisoire pour une population frappée par une insécurité alimentaire chronique et la flambée des prix de tous les produits sur le marché national.
Le coordonnateur général de la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (CNOHA), Dominique St-Éloi, avait exigé un seuil de 3 000 gourdes par jour pour les ouvriers. Pourtant, l’État haïtien n’a retenu que 1 000 gourdes pour le secteur de la sous-traitance, soit moins de 10 dollars américains pour huit heures de travail.
Les nouveaux barèmes varient selon les catégories : Segment F (agents de sécurité et assimilés) : de 615 à 925 gourdes, soit +50 %, obtenu sous pression syndicale. Segment E (personnel de maison, hôtels et restaurants) : de 350 à 500 gourdes. Segment G : de 615 à 900 gourdes. Segment C : de 540 à 760 gourdes. Segment A (ouvriers de la sous-traitance) : fixé à 1 000 gourdes, malgré les protestations.
Malgré ces hausses, les familles ne parviennent pas à répondre à leurs besoins quotidiens. Plus de la moitié de la population fait face à une insécurité alimentaire aiguë, incapable de se nourrir au moins deux fois par jour. Dans la capitale, l’acheminement des produits agricoles est paralysé par les gangs qui bloquent les routes, accentuant la hausse des prix sur les marchés locaux.
Autre problème majeur, le nombre d’institutions privées refusent d’appliquer les nouveaux barèmes imposés par le gouvernement. Les employés continuent de percevoir les anciens salaires, sans subir aucun ajustement, révélant un mépris persistant des droits des travailleurs.
En somme, même si la revalorisation du salaire minimum constitue une avancée, elle reste insuffisante pour répondre aux réalités économiques. Le secteur privé devrait au moins appliquer les montants fixés par le gouvernement, faute de quoi les travailleurs demeurent incapables de faire face aux dépenses essentielles et à la dureté du quotidien.
Likenton Joseph
