Concern Worldwide a clôturé le 29 et 30 avril dernier, un  forum communautaire  de coordination autour du VBG dans les sites de déplacés de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince.Â
Tenu autour du thème l’accès au service de protection VGG dans un contexte sécuritaire changeant, ce forum a permis aux organisateurs de faire le diagnostic de la coordination entre les acteurs du secteur VBG afin de mieux appréhender les enjeux actuels et répondre aux besoins urgents des survivant.es. dans un contexte sécuritaire hostile et volatile selon Flory Amundala. Responsable de programme à Concern Worldwide.
Financé par l’Union Européenne, le projet a été implémenté le 1ER mai 2025, dans l’objectif d’améliorer la protection et le bien-être des femmes, des filles, et enfants vulnérables affectés par la crise insurrectionnelle du moment.
Selon FLory Amundala, ces deux jours de forum ont permis de jauger un ensemble de résultats qui sont plutôt positifs.
En premier lieu, les personnes déplacées et populations hôtes savent où et comment accéder aux services de lutte contre les VBG ; les personnes déplacées et populations hôtes rejettent et s’engagent pleinement pour mettre fin à toutes formes de violences ; les survivantes sont satisfaites des services de gestion des cas de VBG ; les enfants à risque de protection bénéficient d’une procédure d’intérêt supérieur, les enfants participent à des programmes communautaires de protection de l’Enfance; et enfin les services de protection aux personnes à besoins spécifiques sont assurés.
Par ailleurs, une emphase a été portée sur la méthodologie et de la mise en œuvre du projet qui fut essentiellement basée sur : - la participation communautaire ; la Centralité de la protection et la protection communautaire ; la recevabilité collective envers les populations affectées, l’Inclusion (principe de ne laisser personne derrière), l’innovation et la coordination.
L’approche communautaire a été privilégiée par l’implication des communautés bénéficiaires, avec une participation active et inclusive des personnes vulnérables et à besoins spécifiques en général y compris les enfants Séparés/Enfants Non Accompagnés en particulier.
Les Services techniques déconcentrés, les municipalités, les chefs coutumiers et les leaders communautaires/religieux ont aussi été associés dans toutes les étapes du projet. L’approche communautaire a permis d’avoir la confiance des communautés et a facilité le leadership, l'engagement et la capacité au niveau local, a fait comprendre M. Amundala.
La population continue de fuir les offensives des bandes armées pour se réfugier ailleurs
Plus de 362,000 personnes sont déplacées en Haïti, en raison principalement de la violence des gangs, soit près de 96 % du nombre total des personnes déplacées internes (PDI). Parmi ces déplacés, au moins 195,764 se trouvent dans le département de l’Ouest, dont 90,254 (46%) sont installés dans 85 sites, à travers la zone métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP), le reste étant accueilli au sein de familles d’accueil.
La protection des droits des PDI, en particulier celles abritées dans des sites de fortune, est extrêmement préoccupante et dramatique. Ces sites (écoles, églises, bâtiments publics ou privés) ne sont absolument pas adaptés pour accueillir des familles fuyant la violence. Les conditions d’hygiène et d’assainissement y sont déplorables. Par exemple, 34 % des sites n’ont aucune latrine et 66% ont des latrines collectives en mauvais état ou non fonctionnelles. A cela s’ajoute le fait que les PDI n’ont accès à de l’eau potable qu’en de très rares occasions, lorsque des camions citernes sont en mesure d’acheminer de l’eau sur les sites. L’accès à la nourriture et aux soins de santé y est aussi très difficile. Globalement, le déplacement provoqué par la violence des gangs n’a fait qu’accroître les risques de protection auxquels sont exposées les populations haïtiennes dans leur vie quotidienne.
Gerard H. Resil
