Alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) impose désormais une limite minimale de 30 000 adhérents aux partis et groupements politiques pour l’inscription de leurs candidats aux prochaines élections, la mesure continue de diviser la classe politique. Si certains leaders dénoncent son caractère irréaliste, d’autres, comme Jerry Tardieu, s’y rallient avec force.
L’ancien député de Pétion-Ville et leader du parti En Avant affirme soutenir pleinement l’article 139 du décret électoral. «â€¯Je suis pour le parrainage de 30 000 membres aux partis politiques voulant participer aux élections. On pourrait même doubler voire tripler ce chiffre afin de forcer les partis à s’allier et à se regrouper en trois ou quatre grandes plateformes, pour éviter que le peuple n’ait à choisir entre une centaine de candidats sur un seul bulletin », martèle-t-il.
Le leader du parti UNIR, Clarens Renois, partage cette position, estimant que la mesure pourrait réduire l’opportunisme politique et encourager une meilleure structuration des partis. Même son de cloche du côté de Dario Siriack, porte-parole de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), qui voit dans cette exigence un moyen de limiter la prolifération des formations politiques jugées trop nombreuses.
Mais, la décision du CEP reste controversée. Des acteurs comme Delson Cius dénoncent son absence de base légale, son caractère irréaliste dans le contexte haïtien et le risque d’encourager des listes fictives. Avec 282 partis agréés, ils jugent anormal de modifier les règles d’inscription alors que ces organisations sont déjà reconnues par la loi.
Toutefois, le leader du parti politique En Avant, Jerry Tardieu défend la mesure comme une étape vers la rationalisation du paysage politique. Pour lui, relever encore ce seuil permettrait de réduire le nombre de partis en compétition et de rendre le processus électoral plus lisible pour les électeurs.
Likenton Joseph
