Des centaines de familles issu des quartiers de la Plaine du cul-de-sac sont réfugié sous la place « trois mains » suite à l'éclatement des affrontements entre les groupes rivaux qui opèrent dans la commune de Cité soleil. Ces citoyens appellent les forces de l'ordre à prendre des dispositions nécessaires pour repousser ces bandits afin de regagner leur demeure.
À quelques pas de la place de Carrefour-Trois-Mains, une centaine de familles ont trouvé refuge aux abords d'un poste de police. Installées à même le sol, avec seuls bagages quelques petits sacs contenant leurs effets personnels, ces familles dont de nombreux enfants attendent, le cœur lourd, sans savoir ce que demain leur réserve.
Ces déplacés forcés ne cachent pas leur désarroi face aux conditions extrêmement difficiles dans lesquelles ils ont dû abandonner leurs domiciles, chassés par la violence des groupes armés qui ont envahi leur zone. Depuis quatre jours maintenant, ils sont contraints de passer leurs nuits à la belle étoile, dans une situation des plus précaires.
Sur place, plusieurs personnes font la queue, pièce d'identité en main, pour inscrire leurs noms sur une liste. Interrogées sur les raisons de cette démarche, elles ont expliqué qu'il s'agissait d'un processus d'identification en vue d'un relogement dans d'autres espaces. Mais, plusieurs d'entre elles se montrent méfiantes. Elles estiment qu'il pourrait s'agir d'un moyen de les pousser à abandonner définitivement leur zone.
« Ce qui compte pour nous en ce moment, c'est de pouvoir rentrer chez nous, à Cité Soleil. Nous n'avons nulle part où aller». C'est le cri du cœur de plusieurs déplacés présents sur la place. Ils réclament un renforcement de la présence de la Police Nationale d'Haïti dans leur zone, afin de repousser les individus armés et leur permettre de regagner leurs quartiers.
Ces citoyens, à bout de souffle, exigent des autorités étatiques qu'elles prennent des dispositions urgentes et apportent des réponses concrètes à la crise que traverse le pays. Pour eux, l'État doit assumer ses responsabilités : la population ne peut pas continuer à fuir indéfiniment, sans toit et sans sécurité.
Selon les témoignages recueillis sur place, de nombreuses personnes ont été contraintes de quitter la zone pour échapper aux violences. Plusieurs autres ont perdu la vie sous les balles de bandits sans foi ni loi, tandis que de nombreuses maisons ont été réduites en cendre.
Selon les habitants sans une intervention rapide des forces de l'ordre, la Plaine du Cul-de-Sac risque de devenir un territoire définitivement perdu pendant que les autorités continuent, elles, d'enchaîner les promesses « fallacieuses » en matière de sécurité.
Yasmine Sanon
