Le Ministère à la Condition féminine et aux droits de la femme (MCFDF) a organisé, ce mercredi 29 avril 2026, un dîner en l’honneur d’Abigaïl Alexandre, lauréate du concours Éloquentia en France(Europe), et d’Ariana Milagro Lafond, championne du concours House of Challenge au Togo (Afrique).
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités de l’État, notamment des ministres du MHAVE, du MAEC et du Tourisme, du secrétaire général de la Présidence, de l’ambassadeur de Taïwan en Haïti, ainsi que de représentants du corps consulaire, du ministère de la Justice, du MENFP, du Fonds national de l’éducation (FNE), du ministère de la Culture et de la Communication, sans oublier des cadres de l’administration publique, des directeurs d’écoles, des étudiants, des représentants universitaires, de la société civile et des partis politiques.
Dans son allocution, la ministre de la Condition féminine et des Droits de la femme, Pédrica Saint-Jean, a souligné que, au-delà des distinctions internationales, ce qui unit les deux lauréates demeure la reconnaissance d’un parcours remarquable, marqué par un engagement intellectuel soutenu et une discipline personnelle forçant l’admiration.
Selon elle, ces victoires incarnent une voix, une identité et une dignité portées avec fierté. Elle a également estimé que leurs réussites constituent un véritable souffle d’espoir et une contribution précieuse à la valorisation de l’image d’Haïti sur la scène internationale.
Dans cette perspective, le MCFDF a réitéré son engagement à promouvoir le leadership féminin sous toutes ses formes. « Ce leadership, a-t-elle précisé, ne se limite pas à la sphère politico-institutionnelle ; il s’exprime également dans les espaces académique, culturel, numérique, scientifique et citoyen ».
S’adressant directement aux deux lauréates, la ministre a affirmé : « Lorsqu’une femme se lève, c’est toute une nation qui se lève; et lorsque deux femmes se lèvent, c’est tout un peuple qui s’élève ».
Prenant la parole à son tour, Ariana Milagro Lafond a exprimé sa gratitude envers le MCFDF et salué Abigaïl Alexandre, qu’elle considère comme une autre fierté nationale.
Elle a souligné que sa participation au concours dépassait le cadre d’une simple compétition : « Ce n’était pas seulement un concours, mais une mission : celle de porter la voix d’Haïti ».
Évoquant l’histoire du pays, elle a rappelé : « Haïti n’est pas un pays comme les autres ; c’est une terre où les ancêtres se sont levés contre l’impossible », avant d’interroger : « Qu’allons-nous faire de cet héritage ? ».
Dans un ton engagé, elle a affirmé que le peuple haïtien n’aspire pas à l’impossible, mais à la paix, à la sécurité et à des conditions de vie dignes.
« Je suis jeune, et ma voix porte l’histoire de tout un peuple ; aujourd’hui, elle affirme qu’Haïti mérite davantage, qu’Haïti peut se relever, mais qu’Haïti a besoin de vous », a-t-elle déclaré.
Elle a conclu sur une note d’espérance : « Un jour, il y aura la liberté en Haïti ; un jour, il y aura la paix ; un jour, nous vivrons sereinement ; un jour, notre pays changera », invitant chacun à faire en sorte que les sacrifices des ancêtres ne soient pas vains.
De son côté, Abigaïl Alexandre, après avoir remercié les autorités pour cet hommage, a livré un témoignage empreint d’émotion.
Elle a relaté que son parcours n’avait pas débuté sur une scène, mais dans la vie d’« une petite fille qui avait peur de dire : “je veux, je peux”, parce qu’elle pensait que sa voix ne comptait pas ». Aujourd’hui, a-t-elle affirmé, cette jeune fille a grandi et ose s’exprimer.
Elle a dédié sa distinction à Dieu, à sa famille et à son équipe, soulignant l’importance de structures de formation en éloquence en Haïti, qui permettent à des jeunes de s’affirmer et de rayonner à l’international. « Représenter Haïti est un honneur immense ; j’ai porté la voix d’un peuple fort et résilient », a-t-elle confié.
S’adressant à la jeunesse, elle a lancé un message fort : « Abigaïl Alexandre est la preuve vivante que tes peurs ne doivent pas avoir le dernier mot, que ta voix peut devenir une voix qui inspire. Alors parle, même si elle tremble ; parle, même si tu doutes ; parle, même si le monde veut te faire croire que tu es trop petit ou trop loin ». Elle a conclu en affirmant avec conviction que rien n’est véritablement hors de portée pour la jeunesse haïtienne.
Modeline Youte
