Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a tenu, ce jeudi 9 avril, une séance de travail avec le Conseil Électoral Provisoire (CEP) autour de l’organisation des prochaines élections et des conditions nécessaires à leur réalisation.
Au cours de cette journée de travail, les échanges ont porté sur l’harmonisation du Décret électoral du 1er décembre 2025 au Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, le budget électoral ainsi que le calendrier, a rapporté le CEP dans un communiqué précisant que les deux parties se sont engagées à poursuivre les discussions en vue de créer les conditions nécessaires à la poursuite du processus électoral.
Le Premier ministre, pour sa part, a réaffirmé son engagement à accompagner ce processus dans le strict respect de l’indépendance du CEP, institution responsable de la conduite technique et opérationnelle des scrutins. De son côté, le Gouvernement se mobilise pour créer les conditions politiques, sécuritaires, financières et logistiques indispensables, a précisé la Primature dans son communiqué
Avant cette rencontre de travail, le Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé, dans une note de presse publiée le 8 avril, le report officiel des opérations d’inscription des électeurs et d’enregistrement des candidats, initialement prévues respectivement pour les 1er et 13 avril 2026.
Cette décision fait suite à la publication, le 24 mars 2026, d’un arrêté pris en Conseil des ministres, modifiant l’article 3 de l’arrêté du 18 septembre 2024 relatif à la nomination et au mandat des membres du CEP. Ce nouvel acte administratif enjoint l’institution électorale à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’application des articles 12 et 14 du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.
Dans ce contexte, le CEP indique être engagé dans un processus d’harmonisation du décret électoral du 1er décembre 2025 avec les dispositions du Pacte national. Une démarche jugée essentielle, mais qui entraîne des répercussions significatives sur le calendrier électoral en cours.
Face à ces ajustements, l’institution électorale a donc décidé de reporter les opérations clés du processus électoral. Le CEP précise que de nouvelles dates seront communiquées dans les plus brefs délais.
Par ailleurs, le Conseil électoral provisoire tient à rassurer la population et les acteurs politiques quant à sa volonté de conduire le processus électoral dans le strict respect des principes d’indépendance institutionnelle, ainsi que des normes démocratiques. Il réaffirme son engagement à garantir un processus inclusif, impartial et transparent.
Malgré les avancées enregistrées par le Conseil électoral provisoire (CEP), notamment dans la mise en place du calendrier électoral, la tenue du scrutin prévue pour le 30 août 2026 pourrait être compromise.
Par ailleurs, rappelons que la décision prise en Conseil des ministres vient complexifier davantage le processus. « En effet, le pouvoir exécutif a procédé à une modification du mandat du CEP, impliquant désormais l’attente de propositions d’articles avant l’engagement de certaines étapes clés du processus électoral. Une évolution qui suscite des interrogations quant à la cohérence et à la synchronisation des actions entre les différentes instances impliquées. »
Alors que la communauté internationale continue d’accompagner les autorités haïtiennes dans l’organisation des élections, certaines lignes rouges semblent déjà tracées. Selon plusieurs sources concordantes, cet appui pourrait être remis en question si les élections ne sont pas réalisées avant le 31 octobre 2026. Une échéance qui place une pression supplémentaire sur le gouvernement dirigé par le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé.
Vladimir Predvil
