Le retrait des policiers kenyans engagés dans la Mission multinationale de soutien à la sécurité est désormais enclenché. Plusieurs centaines d’agents ont déjà quitté le territoire, marquant le début d’une transition vers une nouvelle force internationale appelée à intensifier la lutte contre les groupes armés.
Selon des informations concordantes rapportées par des médias locaux, plus de 200 policiers kenyans ont déjà quitté Haïti, dont un premier contingent d’environ 215 agents. Ces départs, observés notamment autour du 23 mars 2026, s’inscrivent dans un processus progressif de désengagement.
Ce mouvement concerne des unités déployées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où la mission assurait un appui aux opérations de sécurisation aux côtés de la Police nationale d’Haïti.
Ce retrait ne traduit pas un abandon total du dispositif international, mais plutôt une réorganisation. Certaines unités kenyanes devraient rester temporairement sur place afin d’assurer la continuité des opérations et faciliter la transition.
Depuis leur déploiement, les forces venues du Kenya avaient pour mandat de soutenir la PNH face à l’expansion des groupes armés. Toutefois, la complexité du terrain et l’intensité des attaques contre la population ont limité leur capacité d’intervention.
En remplacement de la mission actuelle, une nouvelle structure sécuritaire internationale est en préparation : la Force de répression des gangs (FRG).
Cette force, soutenue par les partenaires internationaux, devrait compter environ 5 500 soldats et personnels de sécurité. Contrairement à la MMSS, la FRG aura un mandat plus offensif, avec pour objectif de mener des opérations directes contre les groupes armés qui multiplient les attaques contre les civils.
Son déploiement est attendu dans les prochaines semaines, precisemment à partir du 1er avril prochain avec la participation de plusieurs pays, notamment africains. Le Tchad promet d'envoyer 500 policiers et gendarmes dans le cadre de cette mission.
Cette transition intervient alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer dans plusieurs régions du pays. Dans des zones comme Kenscoff ou certaines parties de l’Artibonite, des groupes armés mènent des attaques coordonnées contre la population.
Ces offensives forcent des centaines de familles à abandonner leurs habitations, dans un climat de peur et d’incertitude grandissante.
Le départ progressif des policiers kenyans soulève des interrogations quant à la capacité des nouvelles forces à inverser la tendance. Si la FRG est présentée comme une réponse plus robuste, son efficacité dépendra de sa rapidité de déploiement et de ses moyens réels sur le terrain.
Dans un pays confronté à une crise sécuritaire profonde, cette transition marque un tournant. Reste à savoir si elle permettra de mieux protéger une population de plus en plus exposée aux violences armées.
Sorah Schamma Joseph
