La situation sécuritaire de certaines villes du pays ne cesse de se détériorer. Entre les gangs armés qui terrorisent les habitants et ces derniers qui abandonnent leurs demeures ainsi que tout ce qu’ils possèdent, nul ne sait plus où donner de la tête.
En effet, Kenscoff et le département de Artibonite font partie des zones où les bandits armés terrorisent, tuent et pillent sans pitié.
Ces derniers temps, la situation présente un calme apparent au centre-ville de Kenscoff et dans certaines zones avoisinantes. Toutefois, dans les sections communales les plus reculées, les hommes armés continuent de faire la loi, malgré la présence des forces de l’ordre.
Les personnes déplacées issues de ces sections communales reçoivent l’assistance d’organisations telles que le Programme alimentaire mondial, le Fonds d’assistance économique et social, ainsi que du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales.
Toutefois, dans une interview accordée au journal Le National, le maire de la commune de Kenscoff affirme avoir fait tout ce qui était possible pour aider certaines personnes déplacées à subvenir à leurs besoins, soit en leur proposant des activités commerciales, soit en leur offrant un lieu d’hébergement, soit encore en les aidant à payer la scolarité de leurs enfants.
Massillon Jean demande par ailleurs que la Police nationale d’Haïti se dote de meilleurs moyens afin de les aider à résoudre le problème de l’insécurité. « Cette année, nous devons en finir avec cette situation d’insécurité », a déclaré le maire de Kenscoff.
Dans le département de l’Artibonite, la situation sécuritaire s’est nettement détériorée au cours du mois de mars 2026, avec une recrudescence des attaques armées contre la population civile.
Selon des données disponibles, une attaque survenue entre le 2 et le 4 mars 2026 à Petite-Rivière de l’Artibonite a entraîné un déplacement massif de population. Au total, entre 446 et 500 personnes, soit plus d’une centaine de ménages, ont été contraintes de fuir leurs habitations après des violences perpétrées par des groupes armés.
Les informations indiquent également que 75 % des victimes enregistrées dans la région sont touchées lors d’attaques indiscriminées, souvent menées de nuit. Ces offensives visent directement les civils et se traduisent par des assassinats, des incendies de maisons et des tirs nourris dans plusieurs localités.
Le gang Gran Grif, basé notamment dans la zone de Savien, est pointé du doigt comme l’un des principaux acteurs de cette escalade de violence.
Face à ces attaques répétées, la majorité des personnes déplacées, trouvent refuge auprès de familles d’accueil, ce qui accentue la pression sur des communautés déjà vulnérables.
Cette nouvelle vague de violence fragilise davantage le département de l’Artibonite, considéré comme le principal grenier agricole du pays, et fait craindre une aggravation de la crise humanitaire et alimentaire à l’échelle nationale.
Sorah Schamma Joseph
