La Fédération des syndicats des travailleurs de l’Électricité d’Haïti (FESTRED’H) a célébré ses 40 ans d’existence, ce lundi 23 mars 2026, à Pétion-Ville, dans un contexte particulièrement difficile pour l’Électricité d’Haïti (EDH). À cette occasion, les responsables syndicaux et administratifs ont mis l’accent sur la nécessité du dialogue, de la résilience et de la reconstruction du secteur énergétique.
Prenant la parole, le président de la FESTRED’H, Pierre Michel Félix, a rappelé que la mission du syndicat, tout comme celle de l’EDH, reste claire : s’organiser pour défendre les droits des travailleurs. Il a souligné que c’est dans cet esprit que la fédération a été fondée le 23 mars 1986.
Par ailleurs, il a insisté sur le travail constant de la FESTRED’H pour faire respecter les droits des employés et s’imposer comme une force incontournable du mouvement syndical haïtien. Selon lui, ces 40 années représentent avant tout 40 années de luttes et de combats.
Dans la même veine, il a lancé un appel au Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, en vue de relancer la centrale hydroélectrique de Péligre, afin de la rendre fonctionnelle malgré le contexte difficile.
En outre, Pierre Michel Félix a affirmé que la FESTRED’H n’entend pas baisser les bras. Il a exprimé le souhait que, d’ici le 45e anniversaire de la fédération, le pays puisse bénéficier d’une électricité stable, accompagnée d’une vision claire et d’une véritable autonomie pour l’EDH.
Il a également évoqué la nécessité pour l’institution de disposer de moyens financiers adéquats, sans dépendre excessivement du ministère de l’Économie et des Finances.
De plus, il a mis l’accent sur l’importance de la protection sociale des travailleurs, plaidant pour la mise en place d’une compagnie d’assurance capable de prendre en charge les employés.
Enfin, il a lancé un appel en faveur d’un pays stable, propice à l’investissement et au progrès social. Il a exhorté les employés à garder la tête haute, à ne pas se laisser abattre par la conjoncture actuelle et à poursuivre le combat pour que l’électricité devienne un service essentiel accessible à tous.
De son côté, le directeur général de l’EDH, Jean Erol Morose, a fait savoir qu’il en est à son troisième passage à la tête de l’institution. Selon lui, la stabilité observée au sein de l’EDH repose principalement sur une relation de confiance établie entre la direction et les syndicats.
Il a expliqué que, chaque fois qu’un problème survient, les syndicats privilégient le dialogue avec la direction générale afin d’identifier les difficultés et de rechercher des solutions conjointes.
Toutefois, il a reconnu l’ampleur des défis auxquels fait face l’institution, notamment la destruction de cinq sous-stations, les pertes de clients dues à l’insécurité et aux déplacements forcés, ainsi que la diminution d’environ 80 % de la clientèle dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Malgré ces difficultés, Jean Erol Morose a affirmé que l’EDH continue de tenir bon. Il en a profité pour remercier les syndicalistes pour leur accompagnement et leur soutien durant ces périodes critiques.
Modeline Youte
