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Chers compatriotes et amis de partout,
Je suis, cette année encore, ravi d'être en votre compagnie à l'occasion de la Journée Internationale de la femme. Quand les Nations-Unies décidèrent en 1977 de consacrer une journée à toutes les femmes du monde, ce n'était pas par simple condescendance mais parce que nos sociétés étant dominées par les hommes, ont tendance à sous-estimer les contributions des femmes. Pourtant c'est la femme qui donne naissance à l'humanité. Elle supporte ses douleurs avec stoïcisme, et il y a toujours beaucoup de place dans son cœur pour l'amour. Si la femme est considérée comme le plus faible des deux sexes, C'est peut-être parce qu'elle n'hésite pas à exprimer ses émotions. Les douleurs qu'elle connaît, l'homme ne peut que les imaginer. Elle est le pilier du foyer et de la société.
En effet, nous considérons souvent la femme comme un être fragile, vulnérable tant au point de vue physique qu'au point de vue psychologique. Nous avons bien raison de penser qu'elle doit absolument être protégée par la société. Cependant, quand on considère les attributions, les devoirs et les obligations qui ne reviennent qu'à elle depuis la nuit des temps, on découvre qu'il existe chez elle une fortitude insolite qui la place bien au-dessus de l'homme. Même quand elle est mère du genre humain et ultime garante de sa survie, elle se comporte avec un tel stoïcisme et un tel détachement qu'elle est vue comme le sexe faible.
Toutefois, même dans les sociétés les plus avancées, la situation de la femme laisse encore beaucoup à désirer. Le milieu du travail est, dans la plupart des cas, dominé par les hommes, et le harcèlement sexuel est une réalité à laquelle elle doit se préparer à faire face sous une forme ou une autre, à un moment ou à un autre de sa carrière. À côté de toutes ces pressions et de toutes les frustrations qu'elles génèrent, il y a aussi le fait qu'on attend toujours d'elle une performance égale sinon supérieure à celle des hommes. Il me semble qu'une rémunération égale pour un travail égal devrait être la norme dans tout milieu.
La violence physique à l'endroit des femmes est un sujet aussi délicat que déplaisant. À ce stade, C'est une hideuse réalité qui ne doit pas constituer un sujet tabou. Il y a beaucoup de femmes qui subissent ce genre d'horreur en gardant le silence. Elles se font donc complices dans une situation dangereuse qui ne fera que s'aggraver. De plus, ce genre de comportement violent au sein d'un foyer ne doit jamais servir d'exemple aux enfants. Ces derniers grandiront et reproduiront les réactions qu'ils auront apprises à la maison. En condamnant et, au besoin, en punissant ceux qui sont coupables de violence à l'endroit des femmes au foyer, nous construirons de meilleures sociétés.
Quant à la femme haïtienne, je suis de ceux qui pensent qu'elle mérite une considération toute spéciale, un respect tout à fait spécial. Elle représente aux yeux de tous ceux qui la connaissent, un exemple d’autosuffisance. Elle est une mère attentionnée, une infirmière, une comptable, une diplomate et bien plus encore. Notre société a toujours compté sur sa résilience, son courage, son optimisme et son imagination. C'est elle qui nous a appris à ne pas avoir peur d’exceller, à toujours viser haut, et à ne jamais nous laisser sombrer dans le découragement.
En terminant, je vous souhaite à tous une excellente « Journée Internationale de la Femme ». Un environnement où la femme s'épanouit, est un environnement où il fait bon vivre.
Lesly Condé
