La Fondasyon Je Klere (FJKL) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle considère comme une atteinte grave à la souveraineté nationale. Dans un rapport publié le 4 mars 2026, l’organisation de défense des droits humains critique vivement plusieurs contrats signés par le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé avec des firmes étrangères.
Selon la FJKL, ces accords s’apparentent à des contrats léonins qui engagent lourdement l’État haïtien et rappellent certains épisodes controversés de l’histoire du pays.
Dans son analyse, l’organisation évoque le précédent historique de la dette de l’indépendance, acceptée sous le gouvernement de Jean-Pierre Boyer, qui avait imposé à Haïti un lourd fardeau financier pendant plusieurs décennies. La FJKL estime que cette dette, combinée à d’autres obligations financières, a largement contribué à freiner le développement du pays. Elle rappelle également que le roi Henry Christophe avait refusé de s’engager dans une telle démarche à l’époque.
Aussi, l’organisation considère que certains accords récents pourraient reproduire ce type d’engagements jugés préjudiciables pour l’avenir de la nation.
Des contrats signés en période de crise
La fondation s’interroge également sur la légitimité du gouvernement actuel à conclure des accords internationaux de longue durée dans un contexte de crise politique et institutionnelle.
Suivant la FJKL, en période exceptionnelle, les autorités disposent en principe de capacités limitées pour engager l’État sur le long terme. Les mesures prises pour gérer une crise ne devraient pas, affirme l’organisation, remettre durablement en cause les compétences du pouvoir législatif ni les prérogatives des institutions qui seront rétablies lors du retour à l’ordre constitutionnel.
Les fonctions régaliennes de l’État en question
La FJKL rappelle que certaines missions relèvent exclusivement de l’État et ne peuvent être déléguées au secteur privé. Parmi ces fonctions régaliennes, figurent notamment : la sécurité intérieure et le maintien de l’ordre public, la défense du territoire et la diplomatie, la fiscalité et la gestion de la monnaie. Ces responsabilités, directement liées à la souveraineté nationale, ne peuvent faire l’objet de délégation qu’à titre exceptionnel et avec l’autorisation des représentants élus du peuple.
Une absence de garanties institutionnelles
L’organisation reproche également au gouvernement de ne pas avoir prévu, dans les contrats concernés, une clause de ratification par un futur Parlement une fois l’ordre constitutionnel rétabli. « Cette absence de mécanisme de contrôle démocratique constitue un véritable scandale ».
Dans son rapport, la fondation indique avoir examiné trois contrats conclus avec des firmes étrangères qui, selon elle, portent gravement atteinte à la souveraineté nationale et ne protègent pas suffisamment les intérêts de l’État haïtien. Elle estime que ces accords rappellent, par leurs effets potentiels, les engagements pris durant la période de la double dette ou encore certains arrangements conclus pendant l’occupation américaine de 1915, périodes durant lesquelles Haïti avait perdu une partie de son autonomie.
Appel à des enquêtes
« Il est essentiel de faire toute la lumière sur ces accords afin de déterminer s’ils ont été conclus dans le respect des intérêts et de la souveraineté de l’État haïtien. », appelle la FJKL.
Vladimir Predvil
