L’attaque conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le 28 février 2026, ouvre un scénario géopolitique préoccupant, aux répercussions qui dépassent largement le Moyen-Orient. La région est directement touchée, mais les effets pourraient s’étendre bien au-delà.
Selon le diplomate Pierre-Antoine Louis, l’implication de trois puissances majeures États-Unis, Israël et Iran, rend la situation particulièrement alarmante. Les pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar, ainsi que la Jordanie et le Koweït, se trouvent exposés. La Grande-Bretagne a même signalé qu’un drone avait attaqué sa base aérienne en Chypre.
Selon le diplomate, si le conflit s’installe dans la durée, les conséquences économiques et humaines s’aggraveront. Quelques signaux laissent toutefois entrevoir une volonté de Washington et Téhéran de reprendre les négociations entamées avant la guerre. Mais l’objectif affiché par les alliés américain et israélien provoque
un changement de régime en Iran reste une source d’inquiétude. Les frappes aériennes seules ne suffiront pas à affaiblir durablement le pouvoir islamiste, et un tel processus pourrait s’avérer long et coûteux.
Sur le plan international, la Chine et la Russie n’ont montré aucune intention de secourir l’Iran. La Russie est déjà absorbée par la guerre en Ukraine, tandis que Pékin n’a ni intérêt stratégique ni moyens militaires pour s’engager dans une confrontation directe avec Washington dans une zone aussi éloignée, souligne Pierre-Antoine Louis.
Les premières conséquences se font sentir sur les marchés notamment la flambée des prix du pétrole et du gaz, perturbations du trafic aérien. Le baril est passé de 65 à 78 dollars en quelques jours, soit une hausse de 20 %. Des analystes redoutent qu’il dépasse les 100 dollars si le conflit n’est pas rapidement contenu. Pour Haïti et de nombreux autres pays dépendants des importations, le danger est immédiat.
À long terme, cette offensive envoie un message paradoxal : seuls les États dotés de l’arme nucléaire semblent à l’abri d’une attaque. La Corée du Nord en fournit l’exemple. Une telle logique pourrait encourager la prolifération nucléaire, au mépris du droit international.
Parallèlement, l’économiste Joseph Arold Pierre souligne de son côté les risques économiques. Selon lui, la situation au Moyen-Orient aura des répercussions graves sur l’économie mondiale, y compris aux États-Unis et en Haïti. Le FMI prévoyait une croissance de 3 % pour 2026, mais cette projection pourrait être compromise par la hausse des prix du pétrole et des matières premières, entraînant inflation et rareté. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, constitue un point de vulnérabilité majeur.
Par ailleurs, Haïti, qui importe plus de 4 milliards de dollars de produits par an, se retrouve particulièrement exposé. Une hausse des prix internationaux pourrait accentuer la cherté de la vie et fragiliser davantage une économie déjà dépendante. Pour l’économiste, la solution passe par un investissement accru dans la production nationale et la consommation de produits locaux, afin de réduire la dépendance extérieure.
Likenton Joseph
