Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a, dans une note, apporté des démentis concernant le rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), laissant entendre que des conseillers présidentiels bénéficieraient d’une large part de l’argent des caisses de l’État. Les responsables du gouvernement ont qualifié ces chiffres d’informations erronées et même inexistantes.
« La Présidence est surprise de voir un rapport de l'organisation RNDDH émis sur le fonctionnement de la Présidence, où elle publie un ensemble de chiffres sur le budget de la Présidence qui ne correspondent ni aux réalités ni aux institutions concernées. La Présidence apporte un démenti formel à ce qui est dit dans ce rapport. Les chiffres avancés ne sont pas exacts. Certains sont gonflés de manière exagérée, d'autres sont complètement faux et inexistants. Cela sème encore plus de zizanie dans un climat de confusion déjà difficile que nous vivons aujourd’hui », ont fait savoir les dirigeants de cet organe de l’exécutif, dans leur document.
L’une des parties les plus pertinentes du rapport du RNDDH précise que les conseillers présidentiels ont bénéficié de certains privilèges qui sont en dehors des dispositions prévues dans le Décret du 23 mai 2024, publié dans le journal Le Moniteur le 27 mai 2024, déterminant l’organisation et le mode de fonctionnement du CPT et qui stipule dans son article 29 que : « Les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) reçoivent du Trésor Public une indemnité mensuelle à partir de leur installation. L’exécutif de la Transition veille à ce que soient supprimés les privilèges injustifiés, à rationaliser l’utilisation des véhicules de services, entre autres. »
Selon le RNDDH voici ce que coûterait par mois chaque membre du CPT, Salaire : 225 000 gourdes, frais de fonctionnement (1/3 du salaire) : 75 000 gourdes, frais de deuxième résidence : 400 000 gourdes, carte de téléphonie : 500 000 gourdes, frais d’intelligence : 4 500 000 gourdes, frais de carburant : 300 000 gourdes, carte de débit : 2 500 000 gourdes, frais pour conjoint(e) : 500 000 gourdes, frais pour remplir le réfrigérateur : 75 000 gourdes frais de nourriture : 925 000 gourdes.
L’organisme de défense des droits humains a également ajouté que chaque conseiller coûte à l’État haïtien une somme de 10 000 000 de gourdes comme montant mensuel. De plus, ils se sont octroyé des frais spéciaux pour les fêtes patronales et pour d’autres célébrations. Par exemple, pour les dernières fêtes pascales, les membres du CPT ont reçu chacun entre trois millions (3 000 000) et cinq millions (5 000 000) de gourdes.
En réaction, la Présidence informe que de telles révélations sont fausses et que des mesures ont été adoptées par le gouvernement pour réduire considérablement le train de vie de l’État durant ces dernières années. « Le pays traverse une grave période de violence et la population souffre depuis plusieurs années sous la pression de groupes armés. Lorsqu’un rapport est publié avec des chiffres inexacts, comme par exemple une question de 3 millions de gourdes devenant 2,5 milliards pour la même dépense, cela engendre de l’indignation et sert à alimenter une tension visant à déstabiliser l’État », ont lancé les responsables du gouvernement.
Critiquant le pouvoir en place pour sa mauvaise gestion à la tête du pays, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a fait savoir qu’avec le CPT, la situation sécuritaire du pays s’est davantage détériorée. En ce sens, l’institution dirigée par Pierre Espérance a souligné que l’ensemble des promesses faites par le pouvoir de transition sont restées lettre morte. Ainsi, on ne fait que constater la dégradation de la situation sécuritaire du pays, la fermeture depuis plus de cinq (5) mois de l’Aéroport international Toussaint Louverture, la montée en puissance des gangs dans différents quartiers de l’Ouest et de l’Artibonite, et des actions insignifiantes pouvant conduire le pays à une organisation d’élections libres et transparentes avant la date du 7 février 2026.
« Les organes qui doivent participer dans le redressement et le renforcement institutionnels ne sont pas mis en place. Ainsi, contrairement à l’article 43 de l’accord politique du 3 avril 2024, aucun moyen n’est mobilisé en vue de répondre aux besoins d’éducation, de santé et d’hygiène publiques de la population », a indiqué le RNDDH.
Oberde Charles
