« 3 juillet 2012- 3 juillet 2022, le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire a dix ans au service du renforcement du pouvoir judiciaire ». C'est autour de ce thème que le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire (CSPJ) a célébré sa décennie ce lundi 4 juillet 2022. Le vicaire de l’église Sainte-Claire de Pétion-Ville a appelé, en la circonstance, à la dépolitisation de l’appareil judiciaire pour le plein accomplissement de sa mission. Parallèlement, le Premier ministre Ariel Henry, via son représentant, dit s'engager à mettre tout en œuvre pour l'harmonisation entre le pouvoir exécutif et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Par ailleurs, « la surveillance et la vigilance restent constantes au Conseil du pouvoir judiciaire pour que finisse le règne de l’impunité et que s'enracine au fil du temps celui de la moralité et de l'intégrité », a promis le représentant du Pouvoir judiciaire.
Cette cérémonie s'est déroulée en présence du président du Sénat de la République, Joseph Lambert, du recteur de l’Université d’État d’Haïti, Fritz Deshommes, du président de la Cour de cassation, du président de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, des doyens des différentes cours des tribunaux, de la représentante de l'OEA en Haïti et des cadres du Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire.
À l’occasion, le vicaire de l’église Sainte-Claire de Pétion-ville, Léonel St-Lot, dit souhaiter que cette décennie soit un nouveau départ, un nouvel engagement pour les membres du Conseil du Pouvoir judiciaire, notamment, auprès des prisonniers qui sont depuis bien des temps incarcérés sans passer par devant leurs juges naturels. « Il faut penser à régulariser la détention préventive qui demeure permanente depuis quelque temps. N’oubliez jamais que votre mission en tant que professionnels de la loi et de la justice est d’accompagner le peuple haïtien dans un climat de confiance », a tenu à rappeler le prêtre célébrant, Léonel St-Lot.
Il a fait savoir que le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire ne pourra accomplir sa pleine mission s’il reste sous l’ingérence des politiques. «L’appareil judiciaire doit être indépendant. Je demande aux autorités de laisser les justiciables faire leur travail en toute liberté pour une justice équitable et efficace», a-t-il suggéré.
À l’instar de l’ensemble du corps social haïtien, le secteur judiciaire devra encore parcourir un très long chemin pour satisfaire les aspirations légitimes de la population haïtienne, a laissé entendre le représentant du pouvoir judiciaire, Carves Jean. D’après lui le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire a beaucoup de défis à relever. « Toutefois, la surveillance et la vigilance restent constantes au Conseil du Pouvoir judiciaire pour que finisse le règne de l’impunité et que s'enracine au fil du temps celui de la moralité et de l'intégrité dont rêve tout Haïtien digne de ce nom », a-t-il ajouté.
Suivant M. Jean, tout juge doit toujours se rappeler qu'il n'a pour boussole que la loi et sa conscience. Parallèlement, il promet que les suivis seront toujours effectués par rapport à toutes doléances, toutes plaintes et toutes suspicions de corruption à l'encontre d’un membre de l’appareil judiciaire. « La complexité de la conjoncture présente n'autorise la moindre relâche. C'est la sérénité et non dans le scandale que le système judiciaire peut se montrer performant», a-t-il déclaré.
Pour sa part, le représentant du Premier ministre Ariel Henry, en l’occurrence, le ministre de Justice et de la Sécurité publique, Berto Dorcé, a complimenté le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire pour les diverses mesures disciplinaires qu'il a prises à l'encontre de certains magistrats. De son avis, c'est une preuve que le CSPJ s’engage vraiment à combattre la corruption au sein de l’appareil judiciaire pour le rendre beaucoup plus crédible et accessible. Il appelle à l'appui des autres acteurs pour permettre au CSPJ de mieux remplir sa mission et ses attributions. « Le Premier ministre Ariel Henry promet de tout mettre en œuvre en vue d'harmoniser les relations entre les pouvoirs exécutif et judiciaire», a conclu le ministre de la Justice et de la Sécurité publique.
Vladimir Predvil
