Le passif peu glorieux de plusieurs générations d’Haïtiens c’est d’avoir cautionné le grand échec ou pire, d’y avoir contribué. Elles ont toutes porté l’espoir de construire de lendemains meilleurs pour Haïti. Mais, elles ne sont pas arrivées à créer les conditions pour imposer une société basée sur la justice.
Par naïveté, ces générations croyaient que le fait d’exprimer, à grand renfort de vacarme et de débats, son souhait d’une nouvelle Haïti (le pays qu’on veut) suffisait à mettre en place et à faire fonctionner un État de droit. En réalité, ces générations n’ont fait que porter et maintenir au pouvoir des personnalités qui n’avaient d’ambitions réelles que pour leur clan. Leur petit clan, déconnecté de la collectivité. Les luttes intenses et nombreuses n’ont servi que de marchepieds à nos leaders.
Aujourd’hui, le réalisme et le minimum du bon sens nous obligent à anticiper le pire. Notre histoire aussi.
Le cortège de belles promesses de l’autodétermination haïtienne est passé et nous a laissés au bord de la route, mains tendues pour notifier notre indigence. Nous commençons sérieusement à douter de notre capacité de construire un pays juste et paisible. Le processus qui doit nous mettre sur la route d’un État de droit, fondé sur la démocratie et le respect des droits de l’autre, se révèle particulièrement laborieux et complexe.
Les derniers évènements qu’a connus le pays y compris les gymnastiques souvent grossières des dirigeants pour reprendre le contrôle du pays prouvent que les rapports de confiance entre gouvernés et gouvernants ont déjà été rompus.
Aujourd’hui, ils sont nombreux les Haïtiens à croire que les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays ont construit un système à la dimension de leurs vices.
La Rédaction
