Le nombre de partis politiques inscrits étonne. Plus de trois cents.
Ce nombre témoigne-t-il de la vigueur, de la vitalité de la démocratie haïtienne ?
Rien n’est moins sûr. Il est vrai que les étrangers, qui chantent sans cesse la gloire de la démocratie à géométrie variable, sont satisfaits dès qu’ils voient des partis politiques.
Mais comment existent-ils ?
Quel parti politique en Haïti peut se vanter d’avoir cinq mille membres inscrits, payant leur cotisation, élisant à intervalle régulier des dirigeants ?
Aucun.
Alors que le pays nage en plein chaos, alors qu’on attend des propositions de solution, aucune réflexion n’est produite dans la sphère politique sur la situation haïtienne.
Les partis politiques, qui sont des lieux de débats et de propositions, ne produisent ni de débats ni de proposition.
Un parti politique chez nous, souvent organisé autour d’un homme, est toujours un petit cénacle avec des courtisans qui rêvent que l’homme à la tête du parti décroche un djob, ministre ou directeur général, afin qu’ils puissent trainer après lui la masse de ses proches sous les mamelles de la République.
Les partis politiques chez nous se foutent du pays. Quel parti politique a manifesté sa solidarité avec ces dizaines de milliers de déplacés à la capitale, à Mirebalais, dans l’Artibonite ? Ce sont des espaces qui permettent de se faufiler dans les allées du pouvoir et accessoirement de bénéficier d’un financement de l’État ou d’institutions internationales qui font la promotion de la « démocratie »
Ce sont des clans, des maffias, des camarillas.
Le citoyen aura beau chercher une réflexion de ces partis sur la situation que nous vivons, sur la problématique de l’insécurité, il n’en trouvera pas. Nous disons bien une réflexion. Pas des propos vides de sens pour la galerie et pour protéger ses arrières. Car tous ces partis politiques ont un respect religieux pour l’étranger, pour le Blan. Blan an pap vre est toujours dans les discussions entre quelques verres de whisky, de rhum ou de kleren.
Si un jour un gouvernement sérieux accède au pouvoir, il devra mettre fin à cette comédie et dissoudre tous ces partis. Puis définir un cadre pour l’existence et le fonctionnement de vrais partis politiques qui commence avant tout par un minimum de membres inscrits et cotisant pour la vie effective du groupement. Une direction qui se renouvelle à échéance régulière avec le vote des membres du parti est une condition impérative.
Bref, le pays a besoin d’une vraie vie politique.
Pas des espaces pour la gesticulation des abolotocho et des imposteurs en tout genre.
Gary Victor
