Nous sommes partis encore pour un nouvel épisode de la gouvernance tèt an ba qui est la nôtre. Pas vraiment un nouveau. Même pas le même avec des variantes. Car, nous avons affaire aux mêmes acteurs qui ont toujours les mêmes réflexes et dont les objectifs n’ont toujours rien à voir avec l’intérêt national.
On pourrait nous traiter de pessimistes, de prophètes de malheur, mais les faits ont la vie dure. On peut difficilement les maquiller, les falsifier. Le meilleur que l’on puisse faire est de transformer les citoyens en des êtres assoupis, en des automates dépourvus de conscience, en des individus incapables de saisir la réalité qui les entoure et de se forger une opinion. Il y aussi la religion qui permet d’espérer une intervention divine pour nous tirer de cette catastrophe que gère si bien jusqu’à présent ce qu’on a du mal quand même à appeler notre classe politique. On a beaucoup plus l’impression d’avoir affaire à une camarilla tentaculaire qui ne pouvait qu’accoucher ces gouvernements incapables de la moindre prouesse pour donner à la nation un nouveau souffle.
Tous les secteurs de la nation doivent s’unir pour exiger que cette transition perpétuelle prenne fin. Ce n’est visiblement qu’un moyen pour permettre à des groupes d’individus sans audience, sans discours, sans aucun projet pour le pays, de venir s’asseoir à la table des privilèges qu’offre un État devenu trop laxiste quant au choix des citoyens devant avoir comme mission de le servir, de nous servir. Sinon, ce sera la transition à vie après la présidence à vie. Les gangs deviendront la nouvelle milice de ce mode de gouvernement avec une police et une armée aux ordres d’un pouvoir voyou comme au temps de ladite dictature. Nous n’avons pas notre pareille dans notre petitesse, dans nos faims misérables, pour tout dévoyer, pour créer les situations les plus absurdes.
Que deviendrons-nous dans l’espace caribéen avec une telle engeance au pouvoir ? On sait très bien que des secteurs en République voisine et de la communauté internationale se sentent très confortables avec ce chaos installé pour en finir avec tout ce qui faisait de nous un pays, une nation. Mais tout peuple a des ressources insoupçonnées. Un grain de sable peut bloquer la machine la plus infernale.
Gary Victor
