Les citoyens sont dans le doute le plus total quant aux actions du gouvernement et desdites forces de l’ordre face aux gangs qui pourrissent notre quotidien. Des drones sont tombés au bas de Delmas et dans d’autres zones, mais, jusqu’à présent, la situation globalement n’a pas changé en dépit des agitateurs sans doute aux ordres sur les réseaux sociaux. Aucun chef de gang important n’a encore été arrêté. Aucun n’a été tué. La Police annonce une attaque dans un quartier tenu par le chef de gang le plus important, comme si elle l’avertissait de vider les lieux. Pourtant, avec justement ses drones et ses moyens d’information, la PNH doit savoir le plus souvent la position exacte des chefs de gangs. Les drones ciblent quoi exactement ? Veut-on donner des armes à de dits défenseurs félons des droits de l’homme pour venir au secours des bandits ? On a entendu une chef de gang passer ces ordres à ses soldats : « Cherchez les femmes et les enfants blessés et faites des vidéos. »
Alors, qui on prend pour des idiots ?
On annonce dans la foulée, par la voix d’un haut responsable gouvernemental, la réouverture de nos plus importantes Nationales, la 1 et la 2 pour le 7 février. Pourquoi justement le 7 février ? Les responsables gouvernementaux vont-ils conclure un accord avec les chefs de gangs, car, jusqu’à présent, on ne sent pas vraiment la volonté d’en finir avec cette engeance qui a tant endeuillé notre société.
On peut comprendre la difficulté que les dirigeants de notre dit État ont pour en découdre véritablement avec les chefs de gangs. Les vers étaient dans le fruit depuis trop longtemps. Les citoyens, médusés, mais aussi coupables de complicité dans leur pratique de survie au quotidien, ont compris que des juges, des avocats, des politiciens, des hommes d’affaires, des journalistes, des défenseurs de droits de la personne, ont contribué, par les circuits d’une corruption généralisée, à pourrir notre pays jusqu’à l’émergence de la toute-puissance des gangs. Les complicités sont astronomiques. Les associations de malfaiteurs sont partout. La présence des Nations Unies pendant une dizaine d’années dans le pays sous prétexte de rétablir stabilité et sécurité n’a rien donné. Comme dans les autres pays où elles s’étaient investies. Des bases de gangs fonctionnaient pendant toute la mission de la Minustah.
Il faudrait un bulldozer pour ramasser et jeter à la poubelle toute cette classe d’hommes qui ont contribué par leur prédation incessante, leur abolotochism, leurs impostures permanentes, à nous construire ce chaos.
C’est ce que le peuple veut. Et pour cela, on va tout faire pour éviter les élections ou nous offrir une caricature d’élections. Ou encore une autre transition. Transition perpétuelle pour bamboche assurée.
Gary Victor
