De nombreux styles et des rythmes trouvent une place dans le répertoire de cet artiste musicien incontournable, dans les registres de la musique universelle. Monsieur Jean-Claude Naimro est un des héros des Caraïbes qui mérite une place parmi les génies de son temps. Plus de 50 ans de carrière dans la musique, il y a lieu de célébrer ce talent, et surtout d'apprendre et de partager son héritage ?
Déterminé à marquer son existence. La fertilité de son aura brillera pendant longtemps. Grâce à sa voix, ses talents, ses textes, sa trajectoire et toute l'artillerie musicale qu'il sort dans ses tiroirs à chaque occasion, pour chaque projet artistique inédit et authentique.
Du piano, il en fait son arme. Par sa voix il charme. Ses textes servent d'alarme pour réveiller les sens et la conscience de plus d'un. Quand il n'est pas au devant la scène, il partage le chœur et amplifie certains refrains de loin, comme dans le cas de « West Indies ». Avec feu Jacob Desvarieux, Georges Décimus et les autres, sa collaboration comme membre fondateur de Kassav a été, et reste une belle contribution continue pour la musique.
De quoi est fait le génie qui habite Naimro ? Ce nom qui chante calmement sans s'agiter, pourtant fait découvrir à chaque note, chaque musique et mélodie de nouvelles frontières émotionnelles. Avec le titre : « Meme jou tala », il pose de nouvelles pierres pour faciliter la ballade dans une géographie immersive. Il a toujours quelques choses à raconter. Une passion ou une souffrance à dévoiler. Un rêve à partager, quand ce n'est pas le changement de l'être aimé raconté.
Des savoirs contemporains et anciens, d'une culture à une autre, en passant par une forme de rupture à la monotonie traversent l'ensemble des œuvres qui portent le souffle de Jean-Claude Naimro. Avec le poids des années, et la somme de ses créations, il ne lui reste pratiquement rien à prouver, encore moins à regretter. A chacun d'en profiter au maximum de ses œuvres personnelles et majoritairement collectives.
Depuis les premières heures de gloire de cette formation musicale Kassav, qui a accompagné une partie de ma jeunesse lors d'un voyage familial, entre la capitale et la ville des Cayes, en passant par les différentes villes qui longent la nationale numéro deux, sur tout le parcours j'ai appris à écouter, à apprécier, à mémoriser les meilleures compositions et les mélodies qui encadraient la pièce phare « Zouk la se sèl medikaman nou ni ».
Duo inoubliable en parallèleà retenir, c'est à travers la chanson « Kole sere », portée par les voix de Jocelyne Bèroard et de Jean-Claude Naimro, que plus d'un peuvent retracer les plus lointains souvenirs de ce personnage emblématique, pas toujours en première ligne, et pourtant arrive toujours à dessiner plusieurs des lignes qui mènent vers le succès de cette épisode artistique à l'échelle mondiale.
Dans le même temps, et quelques années plus tard, je prenais le temps de décanter certaines voix.
Devenant plus exigeant à travers le goût, je me détournais des pièces trop populaires et connues du grand public, pour m'accrocher à des chansons un peu plus sélectives, souvent peu diffusées dans les médias. Et par accident, ou par la puissance attractive de la vibration savante que portent les mélodies de JCN.
Des chansons de studio, comme des spectacles permettent de jouir de son art. D'autres classiques comme : « Avèw doudou », « Ou pèd fil a ou », « Ou chanje », entre autres, matérialisent l'intelligence créatrice de Jean-Claude Naimro, en partage.
Des compositions de Kassav, des collaborations avec d'autres musiciens magiciens, des duos réussis avec Jocelyne Bèroard, Ralph Thamar, feu Gilles Floro dans "Bél pawol pou yon fanm" et d'autres stars antillaises, ou dans des projets en solo, le génie de JCN en manque pas de diversité, d'originalité et de créativité.
Dérizyon, est l'une des autres merveilleuses créations collectives partagées entre Jean-Claude Claude Naimro, Ralph Thamar et Serge Ponsard, dans son projet baptisé en "D" : Digital Dread, il y a trente ans. C'était en 1996. Et cette composition garde toute sa fraîcheur musicale.
Deux paragraphes tirés d'une publication de Radio France, présente l'artiste en ces termes :"Compositeur et arrangeur , Jean-Claude Naimro est le cerveau harmonique de Kassav´ et l’un des artisans majeurs du zouk, un style unique qui a mis la Guadeloupe et la Martinique sur la carte musicale mondiale dont fait partie l’archipel de Musicaline.".
Des talents à revendre, ce portrait de JCN raconte qu'il est : "Réputé pour sa maîtrise des claviers et son travail de compositeur et d’arrangeur, Jean-Claude Naimro, est surtout connu comme co-fondateur du groupe Kassav’ au début des années 1980 avec Jacob Desvarieux et Pierre-Édouard Décimus, piliers du zouk.".
Difficile de ne pas ressentir un surcharge émotionnel, avec quelques gouttes qui glissent au passage sur le visage, en bouclant une séance musicale, un session mémorielle noyée dans une ambiance de rétrospective sous le poids d'un appétit nostalgique, en additionnant "Pou zòt", de Jean-Claude Naimro.
Dans cette pièce collective des années 80, titré de son album "An ba latè", presque toutes les voix animèes de Kassav passent en revue, la somme de leur mission accomplie avant la lettre. Comme un hommage rendu à tous ceux et celles qui ont partagé leurs chemins, leurs dessins, leurs destins.
Des voix qui tentent d'arrêter le temps, dans cette composition de 1985. Une chanson sélective, très peu populaire dans l'imaginaire collectif. Avec la complicité de ses pairs Jean Philippe Marthely, Patrick Saint Eloi, Jocelyne Beoard....il apporte autant la joie et la douleur, traduites dans des émotions et une mélodie si inspirantes, qui réinventent des souvenirs lointains de nos poches, retraçant la trajectoire à la fois des vivants et autant des absents. "Pou zot".
Des mélodies parmi d'autres, viennent confirmer avec le temps, entre le ton et les sons, la signature créative de Jean-Claude Naimro, dans l'histoire musicale universelle, qui dépasse les limites de la région. "Rache tchè", "Korosol", se distinguent dans cette perspective musicale intemporelle. En laissant les grandes lignes de la biographie de Jean-Claude Naimro pour les historiens, à travers cette publication, le devoir m'impose de le rendre un hommage à travers le nom d'Haïti, et la voix de tous les mélomanes qui continuent de puiser dans ses chansons composées et ses arrangements, l'énergie, l'émotion et l'éternité célébrées en nous, avec et pour les autres comme :"Pou zot".
Dominique Domerçant
