Dans un monde confronté à l'accélération des crises climatiques et environnementales, les réponses ne relèvent pas uniquement des politiques publiques ou des avancées scientifiques. Elles passent également par la culture, capable de façonner les imaginaires et de transformer les comportements. C'est dans cette perspective que le Centre Culturel Pyepoudre poursuit ses ateliers de contes consacrés à la gestion des crises et à la protection de l'environnement, en faisant de la tradition orale un remarquable outil d'éducation et de sensibilisation.
Ces ateliers proposent une immersion dans l'univers du conte, où l'écriture, la parole et l'interprétation deviennent des moyens d'explorer les grands défis contemporains. Les bénéficiaires apprennent à construire un récit, à maîtriser les techniques de narration, à captiver un auditoire et à donner une portée pédagogique à leurs histoires. Au-delà de l'acquisition de compétences artistiques, ils développent une véritable capacité à transmettre des messages de prévention, de solidarité et de responsabilité environnementale.
Cette démarche s'inscrit dans une vision où le conte retrouve sa fonction première : celle d'un vecteur de savoirs et de mémoire collective. Depuis des générations, les récits populaires haïtiens transmettent des enseignements sur les rapports entre l'être humain, la nature et la communauté. En réactualisant cet héritage, le Centre Culturel Pyepoudre démontre que le patrimoine oral demeure un formidable espace de réflexion sur les enjeux écologiques du XXIᵉ siècle.
L'initiative contribue également à la professionnalisation des jeunes conteurs. En découvrant les exigences de l'écriture, de la mise en voix et de la performance scénique, les participants acquièrent des outils qui pourront leur ouvrir les portes de l'animation culturelle, de l'éducation artistique ou encore de la médiation communautaire. Le conte devient ainsi une discipline exigeante où créativité, rigueur et engagement citoyen se conjuguent.
À travers ces ateliers, le Centre Culturel Pyepoudre rappelle que la protection de l'environnement ne dépend pas uniquement des lois ou des campagnes de sensibilisation, mais aussi des récits capables d'éveiller les consciences. Lorsque la parole rencontre l'imaginaire, elle devient une force de transformation sociale. Former des conteurs, c'est former des passeurs de mémoire, mais aussi des acteurs capables d'inspirer des communautés plus résilientes, plus solidaires et davantage conscientes de leur responsabilité envers le patrimoine naturel.
Godson Moulite
Photo : Clifford Guerrier
