L’Université de Technologie d’Haïti (UNITECH), en collaboration avec la Banque de la République d’Haïti (BRH) et Group Croissance organise les 29 et 30 juillet un colloque international consacré à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle et à la transformation numérique. L’événement réunit des professeurs, des étudiants, des chercheurs, des universitaires, certains professeurs venant notamment du Québec ainsi que plusieurs autres acteurs intéressés par ces domaines.
Selon le vice-recteur à la recherche de l’UNITECH, Lubin Santana, cette rencontre vise à susciter une réflexion sur la manière dont la recherche scientifique peut contribuer à la transformation durable de la société haïtienne. Il a souligné que les enjeux liés à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle et à la transformation numérique dépassent aujourd’hui le cadre universitaire et constituent des leviers essentiels de souveraineté, de compétitivité économique, de gouvernance publique et de développement humain.
Le responsable a également insisté sur le fait que les défis associés à ces thématiques exigent des investissements dans le développement des compétences, le renforcement des infrastructures locales ainsi que la mise en place de partenariats solides entre les universités, l’État et le secteur privé.
Ce colloque marque également la fin du programme de formation de la première cohorte d’étudiants inscrits au programme d’études supérieures spécialisées en technologies de l’information et en informatique, entièrement financé par la BRH.
Le recteur de l’UNITECH, Josselin Val, a pour sa part mis en avant l’importance de cette initiative pour le pays. Il a estimé que ce colloque constitue un outil permettant aux institutions haïtiennes de mieux saisir la nécessité d’intégrer les nouvelles technologies dans leurs pratiques de gestion afin de renforcer la sécurité de leurs systèmes informatiques. Selon lui, Haïti accuse près de 70 ans de retard dans l’adoption des nouvelles technologies, une situation qui appelle à des actions concrètes.
Intervenant à son tour, le président-directeur de Group Croissance, Kesner Pharel, a mis l’accent sur les nombreuses opportunités offertes par l’intelligence artificielle. Cette technologie peut contribuer à l’amélioration des services publics, au renforcement de la transparence, à l’optimisation des finances publiques, à la modernisation de l’agriculture et des hôpitaux, ainsi qu’à la personnalisation de plusieurs services.
Toutefois, il a rappelé que cette transformation numérique ne pourra produire les résultats attendus que si elle repose sur une vision nationale claire. « L’intelligence artificielle ne remplacera ni la vision ni la créativité humaines, mais elle renforcera notre capacité à prendre de meilleures décisions et à créer davantage de valeur », a-t-il conclu.
Sorah Schamma Joseph
