Pendant trois jours, l’Hôtel Florita s’est transformé en véritable espace de rencontres culturelles à l’occasion de la première édition du Festival du Film de l’Amitié, un rendez-vous cinématographique ayant réuni réalisateurs, producteurs, étudiants, passionnés du septième art et figures du monde artistique autour du cinéma et du dialogue entre les peuples.
Du 16 au 18 mai, projections, débats, causeries et échanges avec le public se sont succédé dans une ambiance chaleureuse où l’art et la réflexion occupaient une place centrale. Pour cette édition inaugurale, 17 films avaient été sélectionnés par l’organisation, et 14 d’entre eux ont finalement été diffusés au public au cours du festival. Courts-métrages, documentaires et œuvres de fiction ont permis aux spectateurs de découvrir différentes réalités sociales, humaines et culturelles à travers le regard de cinéastes venus de plusieurs horizons.
Les projections de films se déroulaient dans la rue du Commerce, juste devant l’Hôtel Florita. Sous le ciel nocturne de Jacmel, l’espace s’est peu à peu transformé en véritable salle de cinéma à ciel ouvert, où habitants, visiteurs, artistes et cinéphiles se rassemblaient autour des écrans dans une atmosphère à la fois festive, artistique et intimiste.
Huit pays ont pris part à cette première édition : Haïti, Maroc, Canada, Belgique, Bénin, Niger, Cuba et les États-Unis. Une diversité qui a donné au festival une dimension internationale et une richesse culturelle particulièrement remarquée par les participants.
Le lancement officiel du festival, le 16 mai, avait déjà donné le ton d’un événement placé sous le signe du partage et de la transmission culturelle. Une causerie d’ouverture réunissant les invités d’honneur Frantzcia Deshomme et Wood-Jerry Gabriel a permis d’aborder plusieurs questions liées au cinéma, à la création artistique et à la circulation des œuvres culturelles dans le monde contemporain.
Le cinéaste et producteur Donald Charles, ancien de l’Artists Institute, figurait également parmi les personnalités présentes. Son intervention autour du cinéma indépendant et des défis de production en Haïti a suscité l’intérêt du public et nourri plusieurs échanges durant la soirée inaugurale.
Mais au-delà des projections, le Festival du Film de l’Amitié s’est surtout distingué par la qualité des débats organisés après les séances. Réalisateurs, techniciens et participants ont pris le temps de dialoguer avec les spectateurs autour des films présentés, des réalités du métier et du rôle du cinéma dans la construction de la mémoire collective.
À chaque projection, les espaces aménagés devant l’Hôtel Florita oscillaient entre silence attentif et applaudissements spontanés. Plusieurs réalisateurs ont défilé sur scène afin de présenter leurs œuvres et répondre directement aux questions du public, créant une proximité rare entre créateurs et spectateurs.
Dans les couloirs de l’hôtel comme dans les espaces extérieurs, les conversations se poursuivaient encore longtemps après les séances. Étudiants, artistes, passionnés de cinéma et invités échangeaient autour des scénarios, des techniques de réalisation, des messages sociaux véhiculés par les films et des défis auxquels fait face le cinéma indépendant aujourd’hui.
Selon les organisateurs, cette première édition visait aussi à créer un espace d’ouverture culturelle pour la jeunesse jacmélienne et à encourager les jeunes talents à s’intéresser davantage aux métiers de l’audiovisuel et de la création cinématographique.
À travers cette initiative, Jacmel confirme une nouvelle fois sa place de ville artistique et culturelle ouverte sur le monde. Entre émotions, débats et découvertes, cette première édition du Festival du Film de l’Amitié aura surtout démontré que le cinéma demeure un puissant langage de rencontre humaine, capable de rapprocher les cultures au-delà des frontières.
