A ma droite une échelle
A ma gauche la solidarité
Le soleil ne bouge ni à droite ni à gauche
Par habitude
J’écris de gauche à droite
Mon chemin est toujours au centre
Qui contredit la voie
N’a rencontré ni le jour ni la nuit
Or la terre admet les deux
La montagne a besoin de la plaine
La maison a besoin des deux
L’eau juste à coté nettoie la plaie du jour
II
Le chant de la fenêtre
Je t’écris le cri du sel
Le poème est bleu
Ma main une feuille volante à volonté
Depuis le rire de ma fenêtre
Je prends la mer
Par le bras
Je suis en route vers toi
Tu ne comprends jamais l’énervement
Du bues
Dans cette ligne rebelle sous tes yeux
Il fait nuit autour de la ville
Ah rappelle-toi
Le ruissellement du déjà-vu
La signature du double langage
Je t’écris pour ne pas effacer mon cri
Invisible
Ni refaire une dictée piégée sous l’eau
La maison n’a plus de muraille
Les pailles entrent par avalanche
Comment t’écrire librement les maux
Ma ville crie
Désormais
Je veille à la porte tout lapsus
Petit et grand
III
L’encre de…
La nuit n’est pas la fin
Avant le poème je ramasse le vécu
Il vient seul le bois de ma tour
Par où je regarde
Le vide n’est plus discret
La ville n’a pas de tête
Il y a des bruits lointains ici
Des échos d’ici éparpillés
Les montagnes les montagnes les montagnes
Montent et s’abaissent
La vérité ralentit le culte
Accélère la chute
Tu n’entendras pas la voix des morts
Ni celle des mots
J’en parle avec le fou rire de la hyène
Pour mordre la folie
Si l’arbre revient indemne
Nous habitons Mars
Sous peu sous peu
Jean Kechener Daré
Extrait de « Faim de mots », Inédits.
