Les droits fondamentaux, socles de la dignité humaine, constituent des prérogatives inaliénables inhérentes à chaque individu. Ces droits ne sont pas de simples aspirations, mais des obligations juridiques contraignantes garanties par la Constitution haïtienne de 1987, ainsi que par des instruments internationaux tels que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) et le Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC).
En vertu du principe de l’effet utile des traités, l’État haïtien a l’obligation de prendre des mesures concrètes pour rendre ces droits effectifs. Or, le caractère transversal des produits pétroliers signifie que toute variation de prix impacte directement le coût de la vie. Dans le contexte actuel, la décision du gouvernement Fils-Aimé d’augmenter les prix à la pompe, sans mesures d’accompagnement, s’apparente à une agression contre la survie de la population.
L’interdépendance des droits : un effet domino dévastateur :
Le droit international consacre l'indivisibilité et l'interdépendance des droits. Lorsqu'une décision politique fragilise l'accès à l'énergie, c'est l'ensemble de l'édifice des droits humains qui s'effondre :
1. Droit à l'alimentation (Article 11 du PIDESC) : L'inflation des coûts de transport entraîne une hausse insoutenable du prix des denrées de première nécessité, plongeant les masses dans une insécurité alimentaire sévère.
2. Droit à la Santé (Article 19 de la Constitution ; Art. 12 du PIDESC) : Le coût des soins et le transport des malades deviennent prohibitifs, privant les plus vulnérables de l'accès aux centres hospitaliers.
3. Droit au Travail et à un Salaire Décent (Article 35 de la Constitution) : Alors que le coût de la vie explose, le gel des salaires réduit le pouvoir d'achat à néant, transformant le travailleur en « indigent salarié ».
4. Droit à un niveau de vie suffisant (Article 25 de la DUDH) : L'État faillit à sa mission de garantir un logement et des conditions de vie dignes en favorisant une économie de précarité.
Mauvaise gouvernance et corruption : des obstacles au droit au développement
Il est alarmant de constater que, tandis que la population subit cette pression asphyxiante, les pratiques de corruption et de mauvaise gouvernance persistent. L'utilisation des leviers économiques pour l'enrichissement illicite des élites politiques constitue une violation flagrante de la Convention des Nations Unies contre la corruption. En s'appuyant sur la fragilité des masses pour consolider des intérêts privés, les dirigeants actuels renoncent à leur rôle de protecteurs du bien commun.
En fait, l’Organisme de Défense des Droits Humains croit que l'augmentation des prix des produits pétroliers n'est pas une simple mesure budgétaire ; c'est une décision qui porte atteinte à la substance même des droits garantis par les articles 19, 22, 35 et 52-1 de notre Constitution. Face à cette situation désastreuse, il est impératif de rappeler que le respect des prescriptions juridiques n'est pas optionnel. L'État doit rendre des comptes de sa gestion qui, loin de promouvoir le bien-être social, renforce l'extrême vulnérabilité de ses citoyens.
Me. Louimann MACÉUS, Av
Président ECCREDHH
Membre Amnesty International.
Formation Spécialisée en Droits Humains & Droit Int Humanitaire (CUHD/Genève).
Formation Spécialisée en Politique Publique des Droits Humains a IPPDH/OEA/MERCSUR/CIDH)
Ex-Point Focal OSI-HAITI (Objectifs Sciences internationales)
