L'attaquant haïtien Wilson Isidor revient sur son magnifique but lors du Mondial 2026 et se confie sur l'avenir des Grenadiers.
Éliminé dès la phase de groupes, Haïti a quitté la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ avec des souvenirs forts.De retour sur la scène mondiale après 52 ans d’absence, les Grenadiers ont notamment vécu un moment historique face au Maroc, malgré une défaite 4-2.Buteur face aux Marocains, Wilson Isidor revient sur son but entré dans l’histoire du football haïtien.
Les 68 000 spectateurs présents dans les tribunes du Stade d’Atlanta ont assisté, médusés, à un moment historique. Qu’ils soient supporters haïtiens, marocains ou simples spectateurs neutres, tous ont partagé le même émerveillement. Au milieu de cette ferveur, Wilson Isidor, lui, s’est simplement retourné vers les tribunes pour savourer pleinement l’instant.
Ce jour-là, l’attaquant haïtien est entré dans l’histoire en devenant le deuxième joueur de son pays à inscrire un but en Coupe du Monde de la FIFA™, 52 ans après Emmanuel Sanon, premier Grenadier à réaliser cet exploit. Et quel but ! D’une frappe fulgurante du pied droit, décochée sans la moindre hésitation, Isidor a offert un moment de joie pure à tout un peuple, heureux de voir les Grenadiers briller sur la plus grande scène du football mondial.
Un peu plus de deux mois après avoir décroché la troisième place du But du Tournoi Hyundai de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™, Wilson Isidor a retrouvé Sunderland avec la même efficacité devant le but. Dans un entretien accordé à la FIFA, l’attaquant haïtien revient sur son moment de gloire au Mondial et évoque ses ambitions pour le cycle menant à 2030.
FIFA : Wilson, qu'est-ce que cette expérience de la Coupe du Monde vous a apporté ?
Wilson Isidor : Disputer une Coupe du Monde, ça a été très important pour moi. Notre pays ne s'était pas qualifié depuis 52 ans, et nous avons eu la chance de le représenter à nouveau sur la plus grande scène du monde ; je suis donc vraiment fier de cet exploit. Maintenant que j'ai participé à une Coupe du Monde, j'ai envie d'en disputer une deuxième !
Aviez-vous le sentiment que quelque chose de spécial pouvait se produire face au Maroc ?
Nous savions que nous n’avions pas marqué de but lors des deux premières rencontres, on devait donc offrir cette joie à notre pays. Quand on a marqué notre premier but, c’était incroyable. Ils ont égalisé (à 1-1), et là, j’ai su que tout reposait sur moi. Les grands joueurs se révèlent dans les grands matches, et je ne voulais pas laisser tomber mes coéquipiers, vous voyez ?
Quand j’ai reçu le ballon, j’ai tout de suite senti que c’était mon moment. Et puis j’ai senti l’explosion du stade. Je regardais la foule. Les gens pleuraient, les gens sautaient de joie. Certains enfants me regardaient avec des étoiles dans les yeux. On a vu des vidéos de ce qui s’est passé dans le pays quand j’ai marqué, et les gens sont devenus fous. Je voulais que les gens pensent à autre chose qu’à ce qui se passe au pays, et je pense avoir accompli ma mission.
Qu'avez-vous ressenti juste avant de déclencher cette frappe ?
Je sais que j’ai une bonne frappe, mais c’est toujours difficile de marquer un but face à un gardien comme [Yassine] Bounou. Il occupe tellement d’espace qu’on a l’impression que le but est plus petit. Je l’ai simplement regardé, j’ai regardé le ballon, et je me suis concentré. J’ai cru que le ballon allait heurter le poteau parce qu’il y a eu un rebond imprévisible, mais ensuite je l’ai vu entrer… Quelle émotion ! Quel moment !
Puis est venu le moment de la célébration, pouvez-vous nous la raconter ?
Quand je marque un but, c'est comme une énorme montée d'adrénaline. On le ressent dans tout son corps. L'émotion est si forte que même le cœur en tremble. Mais à ce moment-là, je ne pense pas pouvoir comparer ça à quoi que ce soit d'autre dans ma carrière. Il y avait 68 000 personnes dans le stade et tout le monde était debout. C'était incroyable. J'ai pris un moment pour regarder tous ces gens, juste pour savourer l'instant.
Combien de fois avez-vous revu ce but ?
Oh la la, tellement de fois (rires). C’est drôle parce que chaque fois que quelqu’un me voit, il me dit : "Superbe but à la Coupe du Monde !". Je pense que ça va me suivre tout au long de ma carrière. Je suis heureux de laisser cela comme une partie de mon héritage.
Quel est le sentiment qui anime Haïti à l'approche de 2030 ?
Nous savons que nous avons une bonne génération : Ruben Providence, Lenny Joseph, Dominique Simon, Jean-Ricner Bellegarde... On forme un bon groupe, on est très soudés. On s'apprécie tous mutuellement. Il y a aussi Duckens Nazon, qui est le meilleur buteur de l’histoire du pays, Frantzdy Pierrot, Ricardo Ade. Tous ces joueurs sont vraiment importants pour nous. Je pense qu’il y a un bon mélange entre les deux générations.
Notre prochaine étape consiste à bien figurer en Ligue des Nations [de la Concacaf], puis à nous qualifier pour la Gold Cup. On a un nouvel entraîneur (David Badia) et on va essayer de tirer le meilleur parti de ses idées. Je pense que si tout s’aligne, on pourra réaliser de belles choses. Mais ce qui compte le plus pour nous maintenant, c’est de pouvoir rentrer et jouer en Haïti.
Comment vos coéquipiers de Sunderland vous ont-ils accueilli à votre retour ?
Ils étaient vraiment ravis pour moi. Beaucoup m’ont envoyé des SMS quand j’ai marqué, et j’ai vraiment apprécié ça. Ils m’ont dit des choses comme : "Tu sais quoi ? Je suis resté éveillé pour voir ton but". Ça m’a rendu très fier. Je jouais sous le maillot d’Haïti, mais je reste un joueur de Sunderland et je ressens tout l’amour des supporters et du club.
Enfin, en quoi avez-vous progressé en tant que joueur depuis votre arrivée en Angleterre ?
Je sais que lorsque l'entraîneur Régis Le Bris m'a fait venir ici, il avait un projet pour moi. Je me contente de travailler tous les jours. L'entraîneur, tous les assistants, tous les analystes, tout le monde m'aide à améliorer mon jeu… Comment mieux synchroniser mes courses en profondeur, comment mieux conserver le ballon et, bien sûr, améliorer ma finition. On sent qu’on est entouré de professionnels de très haut niveau et c’est ce qui me permet de progresser autant.
Source : FIFA
