L’Argentine poursuit la défense de son titre mondial.
Samedi soir, au stade de Kansas City, l’Albiceleste a dû puiser une nouvelle fois dans ses réserves pour venir à bout d’une vaillante sélection suisse, battue 3-1 après prolongation.
Les champions du monde ont pourtant parfaitement entamé la rencontre. Dès la 10e minute, Alexis Mac Allister a ouvert le score sur un service de Lionel Messi, offrant rapidement l’avantage aux siens. Malgré plusieurs occasions de part et d’autre, le score est resté inchangé jusqu’à la pause.
Au retour des vestiaires, la Suisse a élevé son niveau de jeu et multiplié les offensives. Ses efforts ont été récompensés à la 67e minute lorsque Dan Ndoye, servi par Ricardo Rodriguez, a rétabli l’égalité.
Cinq minutes plus tard, Breel Embolo a reçu un second carton jaune pour simulation et laissé ses partenaires à dix. Une exclusion controversée qui semblait devoir faciliter la tâche des Argentins.
Pourtant, la Nati a résisté jusqu’au terme du temps réglementaire, obligeant les tenants du titre à disputer une nouvelle prolongation.
Alors que la perspective d’une séance de tirs au but se rapprochait, Julian Alvarez a délivré l’Albiceleste à la 112e minute. Servi par José Manuel López, l’attaquant argentin a placé une frappe enroulée qui a permis à son équipe de reprendre l’avantage.
Dans les dernières secondes, Lautaro Martinez a définitivement scellé la victoire en inscrivant le troisième but argentin à la 120e+1.
Cette qualification confirme une tendance devenue la marque de fabrique de l’Argentine dans cette Coupe du monde : elle avance dans la douleur. Depuis la fin de la phase de groupes, les hommes de Lionel Scaloni accumulent les scénarios périlleux.
Ils avaient déjà dû recourir à la prolongation pour éliminer le Cap-Vert en seizièmes de finale, avant de renverser une situation presque compromise face à l’Égypte en huitièmes.
Menés 0-2 à la 78e minute, Lionel Messi et ses partenaires avaient arraché une spectaculaire victoire 3-2. Face à la Suisse, ils ont encore vacillé sans rompre.
L’Argentine peine ainsi à retrouver le football souverain qui lui avait permis de conquérir le titre mondial quatre ans plus tôt.
Son jeu manque parfois de fluidité, sa maîtrise demeure fragile et ses adversaires parviennent régulièrement à lui imposer un défi physique.
Lionel Scaloni a d’ailleurs reconnu que son équipe avait souffert, notamment dans les duels et sur les seconds ballons.
Cependant, cette Albiceleste possède une vertu essentielle dans les grandes compétitions : elle refuse de mourir. Lorsque Messi marque moins, Mac Allister, Alvarez ou Lautaro Martinez prennent le relais.
Pour la première fois depuis neuf rencontres de Coupe du monde, le capitaine argentin n’a pas trouvé le chemin des filets, mais sa passe décisive sur l’ouverture du score rappelle que son influence dépasse largement le nombre de buts inscrits.
Le talent individuel reste précieux, mais la véritable force argentine réside désormais dans sa capacité à résister collectivement. Cette équipe avance moins par domination que par solidarité, caractère et instinct de survie.
Elle ne propose peut-être pas son meilleur football, mais elle continue de gagner, portée par un groupe qui semble trouver dans l’adversité une raison supplémentaire de se dépasser.
En demi-finale, l’Argentine retrouvera l’Angleterre, victorieuse de la Norvège 2-1 après prolongation. Les Norvégiens avaient ouvert le score à la 36e minute par Andreas Schjelderup, avant que Jude Bellingham ne renverse la rencontre grâce à un doublé inscrit à la 45e+2 et à la 93e minute. Avec six réalisations, le milieu anglais occupe désormais la quatrième place du classement des buteurs du tournoi.
Cette seconde demi-finale se déroulera le mercredi 15 juillet, à 15 heures, au stade d’Atlanta. Elle opposera deux équipes au parcours mouvementé, capables de transformer leurs faiblesses en énergie et leurs difficultés en victoires.
L’Argentine et l’Angleterre ne s’étaient plus affrontées depuis vingt et un ans : l’histoire leur donne désormais rendez-vous aux portes de la finale.
La première demi-finale mettra aux prises l’Espagne et la France, le mardi 14 juillet à 15 heures, au stade de Dallas.
Pour la première fois dans l’histoire de la compétition, les quatre premières nations du classement mondial se retrouvent dans le dernier carré.
Un plateau prestigieux qui promet deux confrontations de très haut niveau.
Gérald Bordes
