Le paludisme est une maladie fébrile aiguë causée par le parasite Plasmodium ; il se transmet aux êtres humains par les piqûres de moustiques anophèles femelles infectées. Il s’agit d’une maladie évitable dont on peut guérir.
Le paludisme est une maladie potentiellement mortelle qui sévit principalement dans les pays tropicaux. Il s’agit d’une maladie évitable et dont on peut guérir. Cependant, en l’absence de diagnostic rapide et de traitement efficace, un cas de paludisme non compliqué peut évoluer vers une forme grave de la maladie, souvent mortelle si elle n’est pas traitée.
Le paludisme n’est pas contagieux et ne peut pas se transmettre d’une personne à une autre ; il est transmis par les piqûres d’anophèles femelles. Cinq espèces de parasites sont responsables du paludisme chez les êtres humains et deux de ces espèces – Plasmodium falciparum et Plasmodium vivax – sont particulièrement dangereuses. On recense plus de 400 espèces différentes de moustiques anophèles et environ 40 d’entre elles, appelées espèces vectrices, peuvent transmettre la maladie.
Le risque d’infection est plus élevé dans certaines régions que dans d’autres en raison de différents facteurs, comme les espèces de moustiques présentes localement. En outre, le risque d’infection peut varier selon la saison, en sachant que c’est durant la saison des pluies dans les pays tropicaux qu’il est le plus élevé.
Qui est exposé au risque de paludisme ?
Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque paludisme. En 2021, on estime que 247 millions de personnes ont contracté cette maladie dans 85 pays. Cette même année, le paludisme a fait environ 619 000 morts.
Certaines personnes sont plus susceptibles de contracter une forme grave de paludisme que d’autres. Les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes atteintes du VIH/sida sont particulièrement à risque. Parmi les autres groupes vulnérables, on compte notamment les personnes qui se rendent dans des zones à transmission intense sans avoir développé une immunité partielle à l’issue d’une exposition prolongée ou qui ne suivent pas de traitement chimiopréventif, comme les migrants, les populations mobiles et les voyageurs.
Certaines personnes vivant dans des zones où le paludisme est répandu développeront une immunité partielle. Bien que l’immunité partielle ne confère jamais une protection totale, elle réduit le risque que l’infection entraîne une forme grave de la maladie. C’est pourquoi la plupart des décès causés par le paludisme en Afrique surviennent chez de jeunes enfants, tandis que dans les zones de faible transmission où la population est peu immunisée, tous les groupes d’âge sont exposés à un risque.
Quels sont les symptômes du paludisme et comment cette maladie est-elle diagnostiquée ?
Les premiers symptômes du paludisme apparaissent généralement 10 à 15 jours après la piqûre d’un moustique infecté. De la fièvre, des maux de tête et des frissons sont généralement ressentis, bien que ces symptômes puissent être légers et difficiles à attribuer au paludisme. Dans les zones d’endémie, les personnes ayant développé une immunité partielle sont susceptibles d’être infectées sans présenter le moindre symptôme (infections asymptomatiques).
L’OMS recommande un diagnostic rapide des cas suspects de paludisme. Si le paludisme à falciparum n’est pas traité dans les 24 heures, l’infection peut évoluer vers une forme grave, voire mortelle. Le paludisme grave peut provoquer une défaillance multiviscérale chez les adultes, tandis que chez les enfants, il se manifeste souvent par une anémie sévère, une détresse respiratoire ou du neuropaludisme. Le paludisme humain causé par d’autres espèces de Plasmodium peut entraîner une forme grave et potentiellement mortelle de la maladie.
Le paludisme peut être diagnostiqué au moyen de tests permettant de détecter la présence des parasites à l’origine de la maladie. Il existe deux grands types de tests : l’examen au microscope des frottis sanguins et les tests de diagnostic rapide. Grâce aux tests de diagnostic, les prestataires de santé sont en mesure de distinguer le paludisme d’autres causes d’affection fébrile, ce qui permet de déterminer plus aisément le traitement approprié.
Quels sont les traitements antipaludiques disponibles ?
Le paludisme est une maladie qui peut être traitée. Les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) sont les meilleurs traitements antipaludiques disponibles à ce jour et constituent une composante essentielle du traitement recommandé contre le paludisme à falciparum, le parasite du paludisme le plus meurtrier au monde.
Les CTA associent 2 produits pharmaceutiques actifs dont les mécanismes d’action diffèrent, notamment des dérivés de l’artémisinine extraits de la plante Artemisia annua et un médicament associé. Le rôle de l’artémisinine est de réduire le nombre de parasites au cours des 3 premiers jours de traitement, tandis que celui du médicament associé est d’éliminer les parasites restants.
Sachant qu’aucune alternative aux dérivés de l’artémisinine ne devrait être mise sur le marché avant plusieurs années, il convient de préserver l’efficacité des CTA ; c’est pourquoi l’OMS recommande que ce traitement ne soit administré qu’aux personnes testées positives. L’OMS n’appuie pas la promotion ou l’usage de produits à base de matières végétales d’Artemisia (qu’il s’agisse d’infusions, de comprimés ou de capsules) dans le cadre de la prévention ou du traitement du paludisme.
Au cours de la dernière décennie, la résistance des parasites aux médicaments antipaludiques s’est muée en menace dans la lutte contre le paludisme, en particulier dans le bassin du Mékong. Par ailleurs, l’OMS est préoccupée par de récentes informations faisant état de formes pharmacorésistantes du paludisme en Afrique. À ce jour, une résistance a été établie chez 3 des 5 espèces de plasmodies responsables du paludisme chez l’être humain : P. falciparum, P. vivax et P. malariae. Cependant, presque tous les patients infectés par des parasites résistants à l’artémisinine traités au moyen d’une CTA se sont entièrement rétablis, lorsque le médicament associé était hautement efficace.
Le paludisme sévit principalement dans les pays tropicaux et subtropicaux. C’est dans la Région africaine de l’OMS que l’on dénombre la grande majorité des cas de paludisme et des décès imputables à cette maladie, pour la plupart causés par le parasite Plasmodium falciparum. Ce parasite prédomine également dans d’autres zones à forte prévalence de paludisme, notamment dans la Région de l’Asie du Sud-Est, la Région de la Méditerranée orientale et la Région du Pacifique occidental. Dans la Région OMS des Amériques, le parasite Plasmodium vivax, responsable de 75 % des cas de paludisme, est le parasite qui prédomine.
C’est en Afrique subsaharienne que le risque de paludisme est le plus élevé ; en 2020, presque la moitié de tous les décès dus au paludisme dans le monde se concentraient dans 4 pays de cette région – Nigéria (26,6 %), République démocratique du Congo (12,3 %), Ouganda (5,1 %) et Mozambique (4,1 %).
Est-il dangereux de se rendre dans des zones où le paludisme est endémique ?
Les personnes n’étant pas partiellement immunisées contre le paludisme sont exposées à un risque accru de contracter la maladie. Cela inclut les voyageurs en provenance de pays non endémiques se rendant dans des zones de forte transmission ainsi que les personnes qui vivent dans des pays d’endémie, mais dans des zones où il y a peu ou pas de transmission.
Comme les symptômes ne se manifestent généralement pas au cours des 10 à 15 jours qui suivent l’infection, les voyageurs sont susceptibles de retourner dans leur pays d’origine avant de présenter des signes de la maladie. Les médecins des zones non endémiques risquent quant à eux de ne pas reconnaître les symptômes, ce qui peut entraîner des retards de diagnostic et de traitement aux conséquences potentiellement mortelles. Par ailleurs, des médicaments antipaludiques efficaces ne sont pas nécessairement homologués ou disponibles dans tous les pays.
On peut utiliser la chimioprophylaxie en guise de traitement préventif avant de se rendre dans une zone d’endémie. Associée à l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et à l’application répétée d’un répulsif topique pour prévenir les piqûres de moustiques, la chimioprophylaxie réduit considérablement le risque d’infection. En cas d’infection, une personne ayant eu recours à un médicament donné dans le cadre d’une chimioprophylaxie ne doit pas prendre le même médicament en guise de traitement.
Avant leur départ, les voyageurs sont encouragés à consulter un médecin ou leur centre national de lutte contre les maladies afin que soient déterminées les mesures préventives appropriées.
Comment prévenir le paludisme ?
Le paludisme est une maladie évitable.
1. Lutte antivectorielle. La lutte antivectorielle est la principale stratégie utilisée pour prévenir le paludisme et réduire sa transmission. Deux méthodes de lutte antivectorielle sont efficaces pour protéger les personnes vivant dans des pays où le paludisme est endémique : l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, ce qui permet de protéger les personnes contre les piqûres de moustique pendant leur sommeil et de tuer les moustiques qui tentent de se nourrir, et la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations, qui consiste à appliquer un insecticide sur les surfaces de repos des moustiques – murs intérieurs, avant-toits, plafonds des habitations et autres structures domestiques. L’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide est l’intervention antivectorielle la plus pratique pour les voyageurs. L’OMS tient à jour une liste de produits de lutte antivectorielle dont l’innocuité, l’efficacité et la qualité ont été éprouvées.
Plus d’informations sur la lutte antivectorielle
2. Traitements chimiopréventifs et chimioprophylaxie. Bien que conçus pour traiter des personnes déjà infectées par le paludisme, certains médicaments antipaludiques peuvent également être utilisés pour prévenir la maladie. Parmi les traitements chimiopréventifs antipaludiques destinés aux personnes vivant dans des zones d’endémie actuellement recommandés par l’OMS figurent le traitement préventif intermittent pendant la grossesse, la chimioprévention du paludisme pérenne et la chimioprévention du paludisme saisonnier. Des traitements chimioprophylactiques sont par ailleurs administrés aux personnes se rendant dans des zones d’endémie et peuvent s’avérer d’une grande efficacité lorsqu’ils sont associés à l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide.
Existe-t-il un vaccin contre le paludisme ?
Le vaccin antipaludique RTS,S/AS01 (RTS,S) est le premier et, à ce jour, le seul vaccin s’étant avéré efficace pour réduire de manière significative les cas de paludisme chez les jeunes enfants vivant dans des zones de transmission modérée à élevée. Il agit contre Plasmodium falciparum, le parasite du paludisme le plus meurtrier au monde et le plus répandu en Afrique.
En 2019, le Ghana, le Kenya et le Malawi ont commencé à introduire du vaccin dans certaines régions dans le cadre d'un programme pilote à grande échelle coordonné par l'OMS. À ce jour, le programme a montré que le vaccin RTS,S est sûr, efficace et réalisable dans le cadre des services de vaccination de routine. En mars 2023, plus de 1,3 million d'enfants avaient reçu au moins 1 dose de vaccin dans le cadre de ce programme. Vingt-neuf pays d'Afrique ont exprimé leur intérêt à adopter le vaccin antipaludique dans le cadre de leurs stratégies nationales de lutte contre le paludisme.
En octobre 2021, l’OMS a recommandé l’utilisation renforcée du RTS,S chez les enfants vivant dans les régions où la transmission était modérée à forte. La recommandation a été élaborée sur la base de l’intégralité des données probantes concernant le vaccin, notamment des résultats du programme pilote en cours.
Le paludisme peut-il être éliminé ?
L’objectif que poursuivent l’OMS et la communauté mondiale engagée dans la lutte contre le paludisme est celui d’un monde sans paludisme. Il se concrétisera progressivement, et ce à mesure que les pays éliminent le paludisme de leur territoire et mettent en œuvre des mesures efficaces pour prévenir le rétablissement de la transmission.
Sur le chemin qui mène à l’élimination, les pays d’endémie en sont à des stades différents. L’avancée des progrès dépend de la solidité du système de santé, du niveau d’investissement dans les stratégies d’élimination du paludisme et d’autres facteurs, notamment des déterminants biologiques, de l’environnement ainsi que des réalités sociales, démographiques, politiques et économiques d’un pays donné.
Au cours des 2 dernières décennies, des progrès considérables ont été réalisés en vue de l’élimination du paludisme. Selon le dernier Rapport sur le paludisme dans le monde, en 2020, 27 pays ont signalé moins de 100 cas de la maladie, alors qu’ils n’étaient que 6 en 2000.
Les pays ayant déclaré zéro cas autochtones pendant 3 années consécutives (cas contracté localement sans élément attestant d’une importation d’un autre pays d’endémie) peuvent soumettre à l’OMS une demande de certification de l’élimination du paludisme. Depuis 2015, 11 pays ont été certifiés exempts de paludisme par le Directeur général de l’OMS, notamment les Maldives (2015), Sri Lanka (2016), le Kirghizistan (2016), le Paraguay (2018), l’Ouzbékistan (2018), l’Argentine (2019), l’Algérie (2019), El Salvador (2021), la Chine (2021), l'Azerbaïdjan (2023) et le Tadjikistan (2023).
Quelle est la différence entre l’élimination du paludisme et l’éradication du paludisme ?
L’élimination du paludisme renvoie à l’interruption de la transmission dans une zone géographique donnée, généralement un pays. L’éradication du paludisme renvoie quant à elle à l’interruption complète de la transmission du paludisme au niveau mondial, dans tous les pays.
Après une étude de 3 ans sur les tendances et les projets futurs, le Groupe consultatif stratégique de l'OMS sur l'éradication du paludisme a publié un rapport détaillé de ses principales conclusions et recommandations. Le rapport s'appuie sur un résumé publié en août 2019. Les membres du groupe consultatif mettent en évidence 6 domaines qui soutiendraient un effort réussi d'éradication du paludisme: renforcer la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030; recherche et développement de nouveaux outils; l'accès à des soins et à des services de santé abordables, de haute qualité et centrés sur la personne; un financement adéquat et soutenu; surveillance et riposte renforcées; et engageant les communautés.
Source: OMS
