Dans le paysage éducatif, culturel et scientifique en Haïti, il est possible d'identifier un certain nombre de jeunes écoliers, des universitaires et professionnels qui investissent et s’investissent dans l'ombre, dans de nombreuses activités scientifiques en Haïti, et dans le reste du monde.
Derrière les principaux talents créatifs et scientifiques qui portaient les couleurs du Collège Catts Pressoir, d’Educaré Ayiti, à l’occasion de la tenue de la deuxième édition des Journées scientifiques du Fonds de la Recherche et de Développement de la Banque de la République d'Haïti, les 23 et 24 juillet 2026, je vous invite à découvrir l'un des professionnels actifs et influents du pays, qui participent dans la promotion de l'éducation scientifique en Haïti. Coup d'œil sur le parcours, le profil et les performances de John Masken Larose ?
Dans la galerie des jeunes scientifiques haitiens, John Masken Larose figure parmi les professionnels qui militent dans l’ombre, entre les salles de classes qu’il animent au Lycee Marie Jeanne, les rencontres internationales et d’autres réseaux innovants qui se focalisent sur les activités scientifique entre la terre (la géologie) et l’espace (les astres).
Portrait du professeur John Masken Larose ?
Dans son CV, on peut lire que John Masken Larose est ingénieur-géologue diplômé de l’École nationale de Géologie appliquée (ENGA). Actuellement il poursuit des études de maîtrise en agroécologie à la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV-UEH). Parallèlement, il occupe la fonction de vice-président de la Société Haïtienne d’Astronomie (SHA), a titre de coordinateur national pour la sensibilisation à l’astronomie en Haïti (National Outreach Coordinator – NOC) et coordinateur national adjoint pour l’éducation en astronomie (Co-National Astronomy Education Coordinator – Co-NAEC) auprès de l’Union Astronomique Internationale (UAI).
D’un ton calme et rassurant, JML confie : “Mon parcours universitaire est marqué par une volonté constante d’explorer les sciences et de les mettre au service des enjeux de mon pays. J’ai obtenu ma licence en géologie à l’École Nationale de Géologie Appliquée (ENGA), l’unique institution publique qui forme des ingénieurs-géologues en Haïti.”.
Développement technologique et scientifique: “C’est au sein de cette institution que j’ai développé mes compétences en géologie et découvert les liens profonds entre notre planète et l’Univers qui l’entoure. J’y ai soutenu un mémoire intitulé « Utilité de la radioastronomie pour Haïti. Cas de figure : utilisation des grandes antennes paraboliques non fonctionnelles en télécommunication de la région métropolitaine de Port-au-Prince ».”.
D’une pierre à plusieurs coups, il se rejouit en ces termes : “Ce travail original établit un pont entre les sciences de la Terre et les sciences de l’Univers, tout en explorant le potentiel de cette discipline pour le développement scientifique et technologique du pays.”.
Un parcours scientifique tracé entre les sciences de la Terre et les sciences de l’Univers ?
Depuis plusieurs années, “Je m’investis dans la promotion de la culture scientifique en Haïti, particulièrement dans les domaines de la géologie et de l’astronomie, avec la conviction que la connaissance scientifique constitue un levier essentiel pour le développement durable du pays.”, rapporte fièrement ce militant scientifique qui souligne que : “Mon parcours scientifique se situe à la croisée des sciences de la Terre et des sciences de l’Univers.”.
Durant la dernière annee académique en particulier, le professeur Larose rappelle : « Je suis également impliqué dans l’accompagnement des Astro-Jeunes du Lycée Marie-Jeanne, une initiative qui vise à initier les élèves à l’astronomie, à développer leur curiosité scientifique et à leur offrir un espace d’apprentissage autour de l’observation du ciel et des grandes questions liées à l’Univers ».
Des expériences qui enrichissent le parcours de ce jeune scientifique. “Je poursuis actuellement une maîtrise en agroécologie à la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV-UEH), ce qui témoigne de mon intérêt pour les sciences appliquées et la recherche de solutions durables face aux défis auxquels Haïti est confrontée.”, souligne-t-il.
Passion astronomique et culture scientifique ?
Dans quell sens motiver et mobiliser les jeunes de nos jours vers la culture scientifique ? Pour le professeur Larose: “ Ma passion pour l’astronomie est née très tôt. Dès l’école primaire, j’étais fasciné par le ciel. J’aimais observer les étoiles et regarder des documentaires sur l’Univers. Je m’intéressais déjà aux planètes, à leurs mouvements et aux phénomènes astronomiques, bien avant d’entreprendre mes études universitaires.”.
Dix ans plus tôt, il se souvient : “Lorsque j’ai intégré l’École nationale de Géologie appliquée (ENGA) en 2016, j’ai eu le sentiment que cette passion prenait une dimension scientifique. Les enseignements sur l’origine de l’Univers, la formation du Système solaire et l’évolution de la Terre m’ont permis de comprendre que la géologie et l’astronomie sont deux disciplines complémentaires : l’une nous aide à comprendre notre planète, tandis que l’autre nous ouvre une fenêtre sur l’Univers auquel elle appartient.”.
De la reconnaissance en abondance, un réflexe éthique et scientifique. “Je tiens à rendre hommage au Dr Rulx Narcisse, mon professeur d’astronomie à l’ENGA, dont l’accompagnement a été déterminant dans mon parcours. Il m’a transmis sa passion pour cette discipline et m’a permis d’intégrer le réseau des coordinateurs nationaux de l’UAI, aussi bien au sein du Bureau pour l’Éducation en Astronomie (OAE) comme Co-NAEC, qu’au sein du Bureau pour la Sensibilisation à l’Astronomie (OAO) comme NOC pour Haïti.”, informe le professeur du LMJ, qui poursuit : “Je tiens également à remercier le Dr Michaël Simbertil, directeur de l’ENGA, qui a accepté et validé le sujet de mon mémoire sur la radioastronomie pour Haïti. Son soutien a permis d’inscrire cette réflexion novatrice dans le cadre académique haïtien.”.
Entre réalisations et contributions scientifiques en Haïti ?
D’un ton rassurant, le jeune professionnel confirme : “Ma principale réalisation scientifique est mon mémoire de licence intitulé « Utilité de la radioastronomie pour Haïti. Cas de figure : utilisation des grandes antennes paraboliques non fonctionnelles en télécommunication de la région métropolitaine de Port-au-Prince ».”.
Dans sa démarche: “À travers ce travail, j’ai voulu montrer que la radioastronomie ne se limite pas à l’étude de l’Univers, mais qu’elle possède également des applications concrètes pour notre société.”. Les technologies associées à cette discipline peuvent contribuer aux télécommunications, à l’observation de la Terre, à la surveillance de l’environnement et des catastrophes naturelles, ainsi qu’à une meilleure utilisation des ondes radioélectriques.
Dynamique spatiale : “Ce mémoire ouvre une réflexion sur l’intérêt pour Haïti de développer une culture de recherche et d’innovation dans les sciences spatiales et les technologies avancées.”, rapporte le jeune chercheur qui souligne : “Par ailleurs, je m’investis dans la vulgarisation scientifique à travers la Société Haïtienne d’Astronomie et l’Union Astronomique Internationale, en participant à des activités éducatives destinées aux jeunes, aux enseignants et au grand public.”.
D’un autre côté, il se félicite en ces termes : “J’ai également eu le privilège de contribuer comme relecteur de l’ouvrage « Les Grandes Idées en Astronomie », une ressource pédagogique internationale qui présente les concepts fondamentaux de l’astronomie dans un langage accessible.”.
Au-delà des expositions tenues dans la galerie des scientifiques haïtiens, il faudra penser à la création d'un musée pour conserver les œuvres et inventions ?
Durant l'année 2024: "J'ai eu l’honneur, aux côtés de Hermilla Félix, une ancienne élève du Lycée Marie-Jeanne, de représenter Haïti comme membre du jury du concours international « Name a Quasi-Moon », organisé par l’UAI et Radiolab. Nous avons participé à l’évaluation des propositions de noms soumises par des participants du monde entier pour un quasi-satellite de la Terre.”. Le nom retenu fut Cardea (désignation officielle (164207) Cardea). Cette expérience témoigne de la capacité des scientifiques haïtiens à contribuer aux grandes initiatives scientifiques internationales.”, conclut le professeur John Masken Larose, une voix à suivre dans le paysage scientifique haitien.
Dans la prochaine exposition en hommage aux jeunes et à la science qui se tiendra dans la galerie des scientifiques haïtiens, en attendant que le pays dispose de son prochain et premier musée national consacré à l'éducation scientifique, la culture technologique et l'économie de l'innovation, il faudra négocier autant la présence du professeur John Masken Larose, et la contribution des différentes cohortes de jeunes écolières et écoliers que ce dernier initie, forme, sensibilise et inspirent à faire carrière dans l'univers scientifique, entre la terre et les astres.
Dominique Domerçant
