La première édition du Salon des finances s’est tenue ce dimanche 6 septembre 2026 à Delmas. L’activité a réuni plusieurs dizaines de participants, parmi lesquels des professionnels, des cadres de l’administration publique et un public diversifié venu prendre part aux échanges autour des enjeux liés à la gestion des finances publiques.
Initiée par Luc Marie Alexandre, cette rencontre se veut une plateforme d’échange et de réflexion destinée à réunir différents acteurs autour des défis auxquels est confrontée la finance publique en Haïti. Selon l’organisateur, le Salon entend notamment promouvoir l’intégrité, l’équité et l’excellence dans le management public.
Pour Luc Marie Alexandre, cette initiative constitue un espace permettant de rapprocher les différents secteurs concernés par la gestion de la chose publique et de favoriser une réflexion collective sur les moyens de mieux répondre aux défis actuels.
La première intervention a été assurée par Me Christmène Jeudy, criminologue, autour du thème : « Du salut individuel à l’engagement collectif : le bien commun, boussole éthique de la nouvelle génération de leaders en Haïti ».
Dans son intervention, la spécialiste a insisté sur la nécessité de dépasser les logiques individuelles au profit d’une responsabilité collective. « Dans un échec collectif, une réussite individuelle est une illusion », a-t-elle notamment déclaré. Elle plaide pour une reconstruction de la confiance fondée sur la solidarité et l’engagement collectif.
Me Jeudy a également souligné la nécessité de faire émerger une masse critique portée par une vision et une idéologie communes, capable de contribuer à la construction d’un pays plus vivable pour les générations futures.
De son côté, Carl-Edwice Estima, expert en fiscalité, est intervenu autour du thème : « Entre quête de performance et devoir d’intégrité : l’éthique comme pilier de la gouvernance dans le management public moderne ».
Il a mis l’accent sur la redevabilité comme un outil essentiel pour améliorer la performance et contribuer à l’assainissement de l’administration publique. L’expert a par ailleurs dénoncé la culture du clientélisme, qu’il considère comme l’un des facteurs de la contre-performance de l’État dans l’exercice de ses prérogatives.
Carl-Edwice Estima appelle ainsi à conjuguer performance et intégrité afin de parvenir à une gestion plus responsable et efficace de la chose publique.
À travers cette première édition, le Salon des finances entend placer au cœur de la réflexion les questions d’éthique, de gouvernance et de performance de l’action publique, avec pour objectif de contribuer à la promotion d’une administration publique plus efficace et responsable.
