Le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) en collaboration avec ceux des affaires sociales et du travail, de la santé publique et de la population, de la justice et de la sécurité publique, a procédé ce vendredi 04 septembre à la cérémonie de déploiement de 150 facilitateurs en santé mentale en milieu scolaire et de 30 formateurs en éducation numérique.
Cette remise de certificats fait suite au protocole d’accord signé le 28 Juillet dernier entre les ministères ci-dessus mentionnés dans le cadre de la stratégie nationale de santé mentale.
Le chef du gouvernement qui participait à cette cérémonie a rappelé que la santé mentale en milieu scolaire constitue une urgence nationale, au regard des traumatismes auxquels sont confrontés les enfants et les jeunes. « Il n’y a pas d’avenir sans éducation. Il n’y a pas de progrès sans stabilité. Cette stabilité, nous allons la bâtir ensemble. »
Le ministre Vijonet Déméro explique que ce déploiement de facilitateurs dans les écoles publiques, nationales et presbytérales va permettre à ce que les enfants, le personnel enseignant soit mieux encadré pour de meilleurs résultats académiques. « La santé mentale en milieu scolaire offre diverses pratiques afin de soutenir le bien-être et la santé mentale en milieu scolaire. Au cours de cette formation en 12 modules, les participants et participantes ont pu survoler et mettre en pratique différentes stratégies pour développer les habiletés de gestion du stress et d’adaptation. Les stratégies pourront facilement être appliquées par les facilitateurs et facilitatrices au profit des élèves, du personnel enseignant et des directions adjoints », a fait savoir le titulaire du MENFP.
Par ailleurs, il est revenu sur les résultats du baccalauréat qui depuis quelques années qui vacillent entre 40 et 50% d’où la nécessité d’apporter ce soutien psychologique dans les écoles, à coté du renforcement des notions académiques. La santé mentale des enfants, des jeunes et des enseignants se maintient à des niveaux préoccupants. L’ensemble de la communauté éducative se mobilise et le ministère fait du bien être de ses acteurs éducatifs une priorité.
La santé mentale, une composante essentielle de la santé
La démarche École promotrice de santé se fonde sur la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui définit cette dernière comme « un état de complet bien-être physique, mental et social et qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité », a déclaré le Dr Bertrand Sinal , signataire du protocole .
La question de la santé mentale est encore souvent tabou et les représentations la réduisent souvent à sa dimension de maladie mentale. Or la santé mentale représente bien plus que l’absence de troubles psychiatriques. Selon l’OMS, la santé mentale est un « état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive, et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ».
La santé mentale comporte trois dimensions :
- la santé mentale positive ou bien-être qui recouvre l’épanouissement personnel, les ressources psychologiques (maîtrise, estime de soi, résilience, optimisme, impression de cohérence par exemple) et les capacités d’agir de l’individu dans ses rôles sociaux ;
- la détresse psychologique ou mal-être, qui apparaît en réaction à un stress ou une situation éprouvante. Les symptômes, principalement anxieux ou dépressifs, sont le plus souvent transitoires et ne sont pas dans ce cas révélateurs d’un trouble mental ;
- les maladies mentales ou troubles psychiatriques, plus ou moins sévères et handicapants, qui se réfèrent à des classifications diagnostiques et relèvent d’une prise en charge médicale.
La santé mentale des élèves reste une priorité majeure pour le ministère de l’Éducation nationale. Dans le cadre de la Grande cause nationale 2026, l’engagement se poursuit pour renforcer la prévention et promouvoir le bien-être. La démarche « École promotrice de santé » intègre ces enjeux au cœur des établissements, notamment via les compétences psychosociales.
Gerard H. Resil
