Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies tenue le lundi 20 juillet, différents acteurs de la communauté internationale ont exprimé leurs points de vue sur le dossier haïtien. À cette occasion, la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raïna Forbin, a déclaré que des efforts importants sont en cours en matière de sécurité dans le pays, ainsi que pour la tenue des prochaines élections.
Il s’agissait d’une rencontre au cours de laquelle les acteurs de la communauté internationale ont largement insisté sur la situation sécuritaire et la question électorale en Haïti. Carlos Ruiz Massieu, chef du BINUH (Bureau intégré des Nations unies en Haïti), intervenant devant le Conseil de sécurité, a indiqué que la transition en Haïti se trouve à un moment décisif et qu’il est essentiel de saisir l’opportunité qui se présente sans perdre de temps. Dans ce sens, il a renouvelé l’engagement des Nations unies à continuer de soutenir les efforts des Haïtiens en faveur de la stabilité. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des acteurs et d’analyser des stratégies efficaces susceptibles de résoudre la crise. Selon lui, les interventions armées à elles seules ne suffiront pas.
« La sécurité demeure le défi le plus urgent pour Haïti, mais les opérations sécuritaires à elles seules ne suffiront pas à instaurer une paix durable. Il est également important d’adopter une approche plus large, qui renforce le système judiciaire, les institutions de l’État et les opportunités pour les communautés victimes de violences », a déclaré le chef du BINUH, rappelant que les gangs en Haïti comptent de nombreux enfants et qu’il est urgent de sauver cette génération à travers des efforts de stabilisation et de relèvement de la société.
De son côté, la ministre Raïna Forbin estime que des avancées significatives ont été réalisées en matière de sécurité dans le pays. « Des progrès réels sont enregistrés sur le terrain. Nous sommes plus près que nous ne l’avons été depuis plusieurs années afin de rétablir la sécurité et d’organiser des élections libres, crédibles, inclusives et participatives. Ce n’est pas le moment de reculer, c’est le moment pour la communauté internationale de se tenir résolument aux côtés du peuple haïtien », a déclaré la titulaire du MAEC.
Dans cette optique, elle a plaidé pour que les acteurs renforcent l’appui de la communauté internationale afin de consolider les efforts déjà entrepris et travailler à l’établissement d’une paix durable dans le pays.
Plus loin, elle a mis en avant le travail des forces de l’ordre, appuyées par les Forces de Répression des Gangs (FRG), dans la lutte visant à rétablir la sécurité dans le pays. Elle a également souligné la volonté du gouvernement de renforcer les institutions, de permettre un retour à l’ordre constitutionnel, de mettre en place plusieurs réformes dans le domaine de la sécurité, de consolider les institutions publiques et d’améliorer les conditions de vie de la population.
S’agissant du processus électoral, la ministre a déclaré qu’il progresse à un niveau inédit au cours des dix dernières années. Plusieurs étapes ont déjà été franchies par le gouvernement, notamment la publication du décret, tandis que les phases restantes relèvent du Conseil électoral provisoire (CEP), qui devrait publier le calendrier officiel dans les jours à venir. « Le processus d’inscription des partis politiques est finalisé, l’enregistrement des électeurs est lancé, le processus électoral est opérationnel et plus que jamais le gouvernement haïtien est convaincu que la seule voie d’avenir pour Haïti passe par la sécurité, la stabilité et les élections », a-t-elle affirmé.
Devant le Conseil, la ministre a clairement indiqué que les élections attendues doivent renforcer la confiance, conférer de la légitimité et ouvrir la voie à une paix et une stabilité durables, conformément aux attentes de la majorité de la population. Elle a précisé que sept départements du pays sont prêts à accueillir des élections sans incidents majeurs, tout en soulignant que, pour les trois autres départements, le déploiement des forces de répression demeure essentiel.
Enfin, elle a affirmé que la sécurité constitue un élément sine qua non pour garantir des élections démocratiques crédibles, assurant que le gouvernement est mobilisé et prêt à accompagner les forces de l’ordre afin de reprendre le contrôle des territoires sous l’emprise des gangs.
Oberde Charles
