L'Office d'Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA) a présenté, ce jeudi 16 juillet 2026, ses nouveaux barèmes des soins lors d'une cérémonie officielle réunissant plusieurs autorités gouvernementales et responsables du secteur de la sécurité sociale. Cette réforme, élaborée à partir d'une étude actuarielle et technique, vise à adapter les tarifs de prise en charge aux réalités économiques et sanitaires du pays, tout en améliorant l'accès des assurés à des soins de qualité et en garantissant la viabilité financière de l'institution.
Une réforme fondée sur une approche scientifique
Prenant la parole à cette occasion, le directeur général de l'OFATMA, Vikerson Garnier, a présenté cette réforme comme une étape majeure dans le processus de modernisation de l'institution. Selon lui, le nouveau barème dépasse le simple cadre administratif pour devenir un véritable outil de gouvernance, de régulation et de partenariat entre l'OFATMA, les établissements de santé partenaires et les assurés.
« Le barème que nous présentons aujourd'hui n'est pas simplement une liste de prix. Il constitue un instrument de gouvernance qui détermine les conditions d'accès aux soins, les modalités de prestation des services par nos partenaires et permet à l'OFATMA de remplir sa mission tout en préservant son équilibre financier », a-t-il déclaré.
Le directeur général a rappelé que l'écart grandissant entre les anciens tarifs de remboursement et les coûts réels des prestations médicales avait progressivement fragilisé aussi bien les institutions sanitaires que les assurés. Face à cette situation, l'OFATMA a privilégié une démarche scientifique reposant sur une étude actuarielle, l'analyse des données de consommation médicale et une large concertation avec les partenaires concernés.
Le CAOSS salue une démarche conforme aux principes de bonne gouvernance
La présidente du Conseil d'administration des organes de sécurité sociale (CAOSS), Marie Hérolle Michel, a salué une réforme qu'elle considère comme l'aboutissement d'un important travail technique et institutionnel.
Elle a souligné qu'un barème des soins ne saurait être réduit à une simple grille tarifaire, mais constitue un véritable instrument de gouvernance permettant d'encadrer l'utilisation des ressources, de protéger les droits des assurés et d'assurer la stabilité financière du régime.
La présidente du CAOSS a également félicité l'OFATMA pour avoir fondé cette réforme sur une étude actuarielle, l'analyse des données de consommation médicale, l'évolution des charges des institutions sanitaires ainsi qu'une concertation avec les différents partenaires.
Selon elle, cette approche répond aux exigences de bonne gouvernance en permettant de concilier trois objectifs essentiels : garantir aux assurés un accès effectif à des soins de qualité, assurer une rémunération équitable des établissements de santé et préserver la pérennité financière de l'OFATMA.
Le MAST réaffirme son engagement en faveur de la protection sociale
Le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc Elie Nelson, a estimé que cette réforme dépasse le simple ajustement des tarifs et traduit une volonté de garantir aux assurés une prise en charge plus juste, plus efficace et davantage adaptée aux réalités actuelles du système de santé haïtien.
Il a rappelé que la hausse constante des coûts des soins, des médicaments, des équipements et des services médicaux rendait indispensable une révision des mécanismes de remboursement afin de préserver la qualité des prestations et la viabilité du système de protection sociale.
« L'accès aux soins ne doit jamais être considéré comme un privilège, mais comme un droit fondamental », a déclaré le titulaire du MAST.
Le ministre a salué la démarche de la direction de l'OFATMA, qui a privilégié une approche technique et actuarielle plutôt qu'une simple révision administrative des tarifs. Il a également insisté sur la nécessité d'accompagner cette réforme par une amélioration concrète de la qualité des services, un meilleur accueil des assurés, davantage de transparence et une prise en charge plus rapide.
Selon lui, le gouvernement, sous l'impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, poursuivra l'accompagnement de cette dynamique à travers le renforcement de la transparence, la modernisation des procédures, la digitalisation des services et l'évaluation régulière des effets de la réforme.
Une réforme favorable aux fonctionnaires, notamment aux femmes
Pédrica Saint-Jean, représentante du ministre de la Santé publique et de la Population, le Dr Sinal Bertrand, qui devait représenter le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a souligné que cette réforme s'inscrit dans la volonté du gouvernement de moderniser l'administration publique en améliorant la protection sociale des agents de l'État.
Elle a indiqué que cette actualisation des barèmes permettra aux fonctionnaires de bénéficier d'une couverture mieux adaptée aux coûts réels des soins de santé.
La ministre a particulièrement insisté sur les retombées positives de cette réforme pour les femmes de la fonction publique, qui assument souvent de multiples responsabilités professionnelles, familiales et sociales.
Selon elle, garantir un meilleur accès aux soins, notamment en matière de maternité et de prise en charge médicale, constitue un investissement dans leur sécurité, leur autonomie et leur dignité.
Elle a par ailleurs salué la méthode adoptée par l'OFATMA, fondée sur une étude actuarielle et technique, qu'elle considère comme un exemple de gouvernance responsable reposant sur l'analyse des données, la maîtrise des risques et une gestion rigoureuse des ressources publiques. »
Vers un système de sécurité sociale plus performant
Somme toute, les différentes interventions ont convergé autour d'un même objectif : faire de cette réforme un levier de modernisation du système national de protection sociale.
Les responsables ont insisté sur la nécessité d'assurer un suivi régulier du nouveau barème afin d'évaluer ses effets sur la qualité des soins, l'accessibilité des services, la satisfaction des assurés et l'équilibre financier de l'institution.
Ils ont également réaffirmé leur volonté de poursuivre la transformation numérique de l'OFATMA, de renforcer les mécanismes de contrôle et de maintenir un dialogue permanent avec les institutions sanitaires partenaires afin de garantir la réussite de cette réforme au bénéfice des travailleurs, des fonctionnaires et de l'ensemble des assurés.
Modeline Youte
