Les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux multiplient les interventions contre les groupes armés dans plusieurs régions du pays. Alors que la Force de Répression des Gangs (FRG) revendique des avancées à Tabarre et que la Police nationale d’Haïti (PNH) renforce sa présence dans la plaine du Cul-de-Sac et à Delmas, la situation demeure préoccupante dans le département de l’Artibonite, où de nouvelles attaques armées ont semé la terreur au cours du week-end.
La Force de Répression des Gangs a annoncé avoir mené, le dimanche 21 juin 2026, une importante opération de sécurité dans la commune de Tabarre. Selon les responsables de la mission, l’intervention, réalisée à partir de renseignements recueillis par les services de renseignement, a ciblé une zone considérée comme stratégique et utilisée par des organisations criminelles.
Au cours de l’opération, les forces engagées ont découvert et détruit plusieurs centaines de cocktails Molotov destinés à alimenter les activités des groupes armés. Plus d’une dizaine de suspects ont également été arrêtés avant d’être remis aux autorités judiciaires haïtiennes pour les suites légales nécessaires.
La FRG affirme que le secteur servait notamment de dépôt d’armes et de base logistique à des groupes criminels. Malgré des échanges de tirs avec des individus armés, aucun mort ni blessé n’a été enregistré parmi les forces engagées.
À l’issue de l’intervention, la zone a été sécurisée et placée sous surveillance permanente. La mission indique vouloir maintenir des patrouilles régulières afin d’empêcher toute réoccupation des lieux par les groupes armés.
Selon la FRG, ces opérations s’inscrivent dans le cadre du mandat défini par la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’organisation annonce également l’arrivée prochaine de nouveaux effectifs et d’équipements destinés à renforcer ses capacités opérationnelles.
En effet, l'Ambassade des États-Unis en Haïti a salué cette opération menée par la FRG à Tabarre, estimant qu’elle illustre les progrès réalisés dans le cadre de la lutte contre les gangs armés. Selon la représentation diplomatique américaine, cette intervention témoigne de la capacité croissante de la mission à renforcer simultanément ses moyens opérationnels et à conduire des actions sur le terrain.
Washington dit réaffirmer son engagement aux côtés d’Haïti en vue d’accompagner les efforts visant à construire un environnement plus sûr et plus prospère pour la population.
Renforcement des dispositifs dans la plaine du Cul-de-Sac et à Delmas
De son côté, la Police nationale d’Haïti a annoncé le déploiement de dispositifs de sécurité renforcés dans la plaine du Cul-de-Sac à la suite des récentes attaques menées par des groupes armés dans cette région.
Les autorités policières indiquent avoir lancé plusieurs opérations de nettoyage visant à rétablir un climat de sécurité propice à la reprise des activités scolaires, commerciales et des services essentiels. Ces interventions doivent également faciliter le retour progressif des habitants déplacés par la violence.
Parallèlement, la Brigade de lutte contre le vol de véhicules (BLVV) a intensifié sa présence dans la commune de Delmas, confrontée depuis plusieurs mois à une recrudescence des enlèvements.
Les secteurs de Delmas 31, Delmas 33 et Delmas 75 figurent parmi les zones les plus touchées par ce phénomène. Les responsables de la brigade affirment avoir augmenté les patrouilles et les opérations de surveillance dans ces quartiers tout en appelant la population à collaborer avec les forces de l’ordre en signalant toute activité suspecte.
Nouvelle flambée de violence dans l’Artibonite
Pendant ce temps, l’insécurité continue de faire des ravages dans le département de l’Artibonite. Une situation de vive tension a régné dans l’après-midi du samedi 20 juin à Jean-Denis, un quartier de la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite.
Selon plusieurs témoignages, des tirs nourris à l’arme lourde ont accompagné une attaque menée conjointement par les gangs Gran Grif et Kokorat San Ras contre cette localité, considérée comme un bastion du groupe dénommé Coalition, présenté comme un mouvement d’autodéfense.
« Le quartier de Jean-Denis est actuellement entouré par les bandits armés », a alerté André Saint-Louis, responsable du Comité pour la Paix dans le Bas-Artibonite. Au moment des affrontements, aucune présence significative des forces de l’ordre n’avait été signalée dans la zone, selon des sources locales.
Une lutte appelée à se poursuivre
La FRG soutient que la lutte contre les gangs ne vise pas uniquement à restaurer l’ordre public, mais également à favoriser la réouverture des écoles, le fonctionnement des marchés, la réhabilitation des infrastructures routières ainsi que le retour des services publics dans les zones affectées par l’insécurité.
Vladimir Predvil
