L’Ensemble des Citoyens Compétents à la Recherche de l’Égalité des Droits de l’Homme en Haïti (ECCREDHH) s’est dit profondément préoccupé par la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays et a dénoncé ce qu’il qualifie de défaillance de la politique de sécurité ainsi que des violations systémiques des droits humains.
Dans une note rendue publique le 16 juin, l’organisation condamne la recrudescence des enlèvements en Haïti, estimant que ces actes constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux de la population.
L’ECCREDHH cite notamment l’enlèvement récent du professeur James Boyard, cadre de la Police nationale d’Haïti et chef de cabinet au ministère de la Défense, comme une illustration de « l’échec critique » de la stratégie sécuritaire actuellement mise en œuvre. Selon l’organisation, le fait que des responsables impliqués dans la planification de l’ordre public deviennent eux-mêmes des cibles témoigne de l’inefficacité des mesures adoptées par l’État et de l’impunité dont bénéficient les réseaux criminels.
L’organisme estime également que cette situation met en évidence l’incapacité ou le manque de volonté politique des autorités à réformer la politique de sécurité et à démanteler l’économie du kidnapping.
Par ailleurs, l’ECCREDHH déplore ce qu’il considère comme une passivité des pouvoirs publics face à une terreur quotidienne qui prive les citoyens de leurs droits les plus élémentaires, notamment le droit à la vie et à la sûreté. L’organisation rappelle que la sécurité constitue une obligation régalienne consacrée par la Constitution haïtienne ainsi que par les instruments internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par l’État haïtien.
En conséquence, l’ECCREDHH estime que l’inaction persistante des gouvernants soulève de sérieuses interrogations quant au respect de leurs engagements juridiques et à leur responsabilité politique dans la protection des citoyens.
Sorah Schamma Joseph.
