Une nouvelle pénurie de produits pétroliers semble se profiler sur le marché local, ce mercredi 17 juin 2026. À Pétion-Ville et à Delmas, plusieurs stations-service ont cloîtré leurs portes. Chauffeurs de taxi et motocyclistes s’entassent déjà dans les rares pompes qui continuent de distribuer de l’essence. Cette rupture d’approvisionnement est la conséquence directe d’un violent affrontement entre des groupes armés de Bélékou et de Wharf Jérémie.
Selon des informations relayées par certains médias locaux, les hostilités ont éclaté vendredi dernier, quelques heures après le match opposant Haïti–Écosse en Coupe du monde. L’un des gangs aurait ouvert le feu sur une bande de rara (une foule immense accompagnée de musique traditionnelle) issue du quartier rival.
Gaz disponible, mais inaccessible : Changeux Méhu dénonce la faiblesse de l’État
Ces affrontements ont paralysé la circulation sur la route menant au terminal Varreux, où sont stockés près de 70 % des produits pétroliers destinés aux stations-service.
Contacté par téléphone, Changeux Méhu, président de l’Association des propriétaires et chauffeurs d’Haïti (APCH), réfute l’existence d’une véritable rareté du carburant. Selon lui, l’essence est bel et bien disponible au terminal Varreux, mais reste inaccessible en raison des échanges de tirs entre gangs dans la zone.
Face à cette situation, le syndicaliste dénonce la faiblesse de l’État haïtien, qui selon lui, incapable de neutraliser ces groupes criminels pour permettre l’approvisionnement du carburant dans des stations-service.
«â€¯Pa gen rate gaz, men se feblès leta ki paka al pran gaz la nan vare a pou mete l disponib nan ponp yo », s’indigne Changeux Méhu, président de l’Association des propriétaires et chauffeurs d’Haïti (APCH)
Par ailleurs, il lance un ultimatum aux autorités de l’état afin qu’elles déploient tous les efforts nécessaires afin de permettre la re-distribution du carburant dans les pompes à essence. À défaut, les chauffeurs, motocyclistes et entreprises risquent de se retrouver dans une grande difficulté pour répondre à leurs besoins en carburant. Considérant que le gaz est un produit transversal, une pénurie prolongée aurait de lourdes conséquences sur le fonctionnement de la population.
Selon le syndicaliste Changeux Méhu, l’État, qu’il accuse de complicité avec les gangs, doit trouver une solution urgente. Il estime que, comme à l’accoutumée, les dirigeants chercheront un compromis avec ces groupes armés pour permettre l’approvisionnement des stations dans les prochains jours, tout en les accusant de manquer de responsabilité face à cette nouvelle crise qui s’annonce.
Likenton Joseph
